BBVA dépend plus que jamais de sa croissance hors d’Espagne
Avec une longueur de retard sur son éternelle concurrente Santander, BBVA a résolument mis le cap à l’international, gage de relais de croissance face à un marché domestique espagnol atone. En témoignent les résultats annuels 2010 de BBVA, qui se soldent par un bénéfice net en hausse de 9,4% à 4,61 milliards d’euros.
Les continents américain et asiatique ont représenté 58,1% des revenus bruts du groupe l’an passé (en hausse de 1,2% à un record de 20,9 milliards d’euros), soit 5,1 points de mieux qu’en 2009. Le Mexique à lui seul a contribué pour 27% aux recettes. Signe supplémentaire du dynamisme de BBVA sur les marchés émergents, les revenus générés au sein de ces derniers ont progressé de 11,2% en 2010, tandis qu’ils concédaient un repli de 3,6% au sein des économies développées.
Le résultat net des activités portugaises et espagnoles a ainsi baissé de 9%, à 2,1 milliards d’euros, talonné désormais par celui engrangé au Mexique (+11,9% à 1,7 milliard). En Amérique du Sud, au contraire, il a progressé de 16,5% à 889 millions. Et BBVA attend beaucoup de l’acquisition, annoncée en novembre dernier pour 4,2 milliards d’euros, d’une part «stratégique» de 24,9% au capital de Garanti Bankasi, la Turquie étant «l’un des marchés émergents au plus fort potentiel de croissance».
Mais cette acquisition, qui reste à finaliser, pourrait accentuer les pressions sur la capitalisation de BBVA, même si la banque s’estime en «excellente position» pour respecter les exigences de Bâle 3. Un analyste cité par Reuters indique que l’intégration de Garanti pourrait abaisser de 1,1 à 1,3 point le ratio core tier one du groupe, de 9,6% au 31 décembre 2010.
Pour l’heure, BBVA met en avant que «tous les indicateurs de risque sont améliorés en 2010», à l’image d’un taux de créances douteuses en recul de 19 points de base à 4,1%. La banque se targue d’une exposition limitée à la promotion immobilière en Espagne, sur fond d’une gestion «prudente» privilégiant le logement public ou se défiant de la résidence secondaire. Elle affiche tout de même au 31 décembre pour son exposition de 16,6 milliards d’euros au secteur un taux de créances douteuses de 21,3%. Près d’un tiers de ces dernières sont «subjectives», sans retard de paiement, s’empresse de souligner BBVA.
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