Barclays tente de calmer la grogne de ses actionnaires sur les bonus
A une semaine d’une assemblée général sous haute tension, Barclays s’est efforcé hier de déminer la polémique provoquée par le plan de rémunération de ses dirigeants. Le groupe bancaire britannique a ainsi annoncé dans un communiqué surprise que les bonus 2011 de Bob Diamond, son directeur général, et de Chris Lucas, son directeur financier, seraient assortis d’une nouvelle condition.
La moitié de cette rémunération variable pour 2011, d’un montant estimé à 2,7 millions de livres (dans le cadre d’un plan global de près de 18 millions), constituée d’actions, et différée sur trois ans, ne sera versée que si le rendement des fonds propres (RoE) de l'établissement est supérieur au coût du capital propre (11,5%) dans un délai de trois ans.
Dans le communiqué, Barclays a réaffirmé sa détermination à atteindre un RoE de 13% «le plus vite possible», alors que cet indicateur ne s'était établi qu'à 6,6% l’an dernier. Un niveau jugé «inacceptable» par Bob Diamond.
«Atteindre cet objectif d’un rendement des fonds propres de 13% permettra à la part des bénéfices après impôt qui sont distribués comme dividendes de se normaliser à un niveau bien plus élevé qu’aujourd’hui (...)», a poursuivi la banque. Toujours dans le but de rassurer ses actionnaires, le groupe a assuré qu’il était «pleinement concentré sur le fait de garantir qu’une proportion plus importante des revenus et des bénéfices revienne aux actionnaires, malgré les contraintes d’un environnement concurrentiel».
Barclays a estimé avoir déjà fait un pas dans cette direction en 2011 : les bonus ont reculé dans leur ensemble de 26% et les dividendes ont progressé de 9%, tandis que les profits ont reculé de 3%.
L’association des assureurs britanniques (ABI), qui a pris part à la fronde, avait toutefois souligné, avant la publication du communiqué, que la réduction des bonus chez Barclays Capital avait été seulement en ligne avec la baisse du bénéfice avant impôt.
Par ailleurs, le groupe ne se prononce pas sur un point qui avait déclenché la colère du cabinet de conseil aux actionnaires ISS, à savoir la prise en charge par Barclays pour le compte de Bob Diamond d’une charge fiscale de 5,7 millions de livres à la suite de son retour des Etats-Unis. Là-bas, où le «say on pay» vient de faire son entrée, ISS a récemment recommandé aux actionnaires de voter contre le plan de rémunération de Citigroup.
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