Barclays se retrouve en première ligne dans le dossier Doux
Doux donne des maux d’estomac à Barclays. Placé le 1er juin en redressement judiciaire par son PDG, le numéro un européen de la volaille doit 140 millions d’euros à la banque britannique. Le prêteur a regretté une décision «prise unilatéralement, sans consultation des parties prenantes travaillant au sauvetage de l’entreprise».
Barclays, qui a déjà enregistré un impayé de 14 millions sur une échéance de 20 millions, ne communique pas sur le degré de provisionnement du dossier.
Le propriétaire de Père Dodu porte une dette d’environ 400 millions d’euros, pour moitié au Brésil. Sa filiale locale, Frangosul, doit 200 millions à une quinzaine de banques, mais elle a donné ses actifs en location gérance à son concurrent JBS, qui n’entend pas assumer la dette. En France, Doux SA, en redressement, ne se finançait qu’auprès de Barclays. La société mobilise aussi environ 50 millions d’euros de créances en affacturage auprès de Natixis, qui se paie donc chez les clients du volailler.
La décision du PDG Charles Doux passe d’autant plus mal qu’un plan de restructuration devait être annoncé vendredi. Les discussions impliquaient l’entreprise, épaulée par Lazard et Maurice Lantourne chez Willkie Farr, les services de Bercy et Barclays, dont l’avocat est Shearman & Sterling. Des «solutions à court terme qui n’offraient pas de garanties suffisantes», selon Jean-Charles Doux, DG délégué.
Ce plan prévoyait la mise en place en urgence d’une ligne sécurisée de 35 millions d’euros, pour que Doux puisse régler ses fournisseurs. Barclays acceptait le report d’une nouvelle échéance de 20 millions d’euros, due fin juin. La dette n'étant plus soutenable, une conversion de créances en capital aurait donné à la banque le contrôle du groupe. La structure financière de l’entreprise est depuis longtemps déséquilibrée, au point que les investisseurs ont fait échouer par deux fois, fin 2010 et en 2011, des projets d’émission obligataire.
L’affaire implique une autre banque, BNP Paribas, qui a hérité avec Paribas de 20% du capital du volailler. Une participation enregistrée au coût historique, et dont elle n’a pu se défaire. Dès juillet 2003, ses représentants ont quitté le conseil d’administration de Doux en raison de désaccords sur la stratégie et la gouvernance. La banque est donc restée à l’écart de la gestion du groupe. Ses créances seraient négligeables, de l’ordre du million d’euros.
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