Barclays anticipe un redressement plus lent en Europe continentale
Bob Diamond, le directeur général de Barclays, a placé haut la barre lors de la journée investisseurs organisée hier: pour réaliser les ambitieux objectifs de son plan stratégique, annoncé en début d’année, la banque britannique devra dégager d’ici à 2013 entre 4,3 et 6,4 milliards de livres (entre 4,9 et 7,3 milliards d’euros) de revenus supplémentaires par rapport à l’exercice 2010. «Nos priorités sont le capital, le rendement et la croissance des revenus», a déclaré Bob Diamond en guise d’introduction.
Si un ratio Core Tier 1 de 9% place la banque en bonne position, il a précisé que les incertitudes réglementaires l’obligent à adopter un objectif de 10% «dans toutes [les] activités et à travers la croissance organique». Excluant la nécessité de réaliser une acquisition.
Cette stratégie passe notamment par la cession d’actifs toxiques. Au 31 mai 2011, l’exposition au marché de crédit de Barclays avait été réduite à 18 milliards de livres, contre 24 milliards en décembre 2010. Entre fin 2010 et fin 2013, les actifs pondérés du risque de ces portefeuilles devront avoir été réduits de 38 à 14 milliards.
Les dirigeants ambitionnent toujours d’atteindre dans deux ans un rendement sur fonds propres (RoE) de 13%, objectif annoncé en février et confirmé hier. La banque en est loin pour l’instant puisqu’elle a réalisé un RoE de 7,2% l’année dernière – une performance que Bob Diamond qualifie d’«inacceptable». Les rendements à atteindre diffèrent selon les pôles du groupe. En banque de financement et d’investissement, BarCap devra atteindre un RoE de 15%, tandis que Barclays Corporate s’est vu assigner un objectif de 14% au Royaume-Uni et 11% ailleurs.
Concernant la banque commerciale et de détail (RBB), l’objectif a été fixé entre 13% et 15% (contre 10% en 2010), avec des revenus en croissance de 4 à 5% par an. Le RoE devrait atteindre entre 14 et 15% au Royaume-Uni. Touchées par les incertitudes concernant les économies ibériques et italienne, l’Europe continentale vise un retour aux bénéfices avant impôt en 2012, un rendement de 4 à 5% en 2013 et de 15% en 2015.
Les dirigeants ont également souligné l’importance de l’Afrique, à travers l’absorption des activités de Barclays sur le continent au sein de l’établissement sud-africain Absa, dont le groupe britannique a acquis 55% en 2005. Ce dernier s’attend à une croissance annuelle des revenus à deux chiffres et un RoE supérieur à 13%.
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