Bankia circonscrit ses actifs immobiliers dans une « mauvaise banque » avant son IPO
Bankia se rapproche d’une entrée en Bourse après avoir approuvé mardi soir la séparation de ses actifs en deux établissements distincts, la banque cotée et une holding. La caisse d'épargne madrilène Caja Madrid mène avec Bancaja ce projet qui rassemble en tout sept caisses d'épargne autour du troisième groupe bancaire du pays, Banco Financiero y de Ahorros (BFA), créé en décembre 2010.
Bankia espère sortir en Bourse avant l’automne prochain avec 275 milliards d’euros d’actifs et une capitalisation de 12 milliards d’euros, a annoncé le conseil d’administration de BFA. Selon le plan approuvé cette semaine, ce dernier transférera toute l’activité financière à la banque privée de Caja Madrid, Altae Banco, qui sera rebaptisée Bankia. BFA en sera l’unique actionnaire jusqu'à son IPO.
«Il s’agit d’une opération de ségrégation partielle» en vertu de laquelle BFA conservera au moins 53 milliards d’actifs, dont les actifs immobiliers les plus toxiques : «Les terrains saisis, le financement du foncier en situation douteuse et sous-standard, certaines participations, les fonds nécessaires pour faire face aux obligations de paiements et une participation actionnariale qu’elle maintiendra chez Bankia», a-t-il communiqué à l’autorité espagnole des marchés, la CNMV, sans en préciser le détail. Bankia est notamment présente au capital de Mapfre et d’Iberdrola.
Le fonds public d’aide au secteur financier (Frob) prendra des parts au capital de BFA et non de Bankia, une autre façon d’assainir l’enseigne qui sortira en bourse. Son président, l’ancien dirigeant du FMI Rodrigo Rato, a rejeté hier le terme de «bad bank» pour qualifier BFA, en affirmant que la holding dégagerait des bénéfices mais sans en préciser le volume. Quant à la ségrégation des aides du Frob dans son capital, il la justifie par le fait que la holding ne «dépendra pas financièrement des lignes de crédit de la banque cotée. C’est une définition claire.»
Le groupe mené par Caja Madrid suit ainsi un processus similaire à celui choisi par sa grande concurrente, la Caixa, pour la création de CaixaBank qui espère se lancer en bourse début juillet. Interrogé à propos de l'éventuelle absorption de Caja Mediterraneo (CAM), le numéro deux de BBVA, Angel Cano, a pour sa part affirmé hier que l’enseigne étudiait «tout ce qui peut générer de la valeur, sans se presser».
Plus d'articles du même thème
-
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
- CNP Assurances se lance dans l’assurance vie 100% en ligne
- Le rachat de SFR servira de test à la future doctrine antitrust en Europe
Contenu de nos partenaires
-
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie -
EditorialLivreurs à vélo, le prix du « droit à la paresse »
Non content d’inciter à l’inaction individuelle, le logiciel « systémique » de la gauche se fait aussi l’allié objectif de l’« économie de la flemme », en entretenant une vision doloriste du travail et en glorifiant la société du temps libre