Bank of Ireland met à contribution ses créanciers obligataires subordonnés
Dublin tient ses promesses. Bank of Ireland (BoI) va à son tour faire contribuer ses créanciers obligataires juniors au coût de son sauvetage par l’Etat, comme l’avait laissé entendre il y a quelques jours le gouvernement, qui doit publier la semaine prochaine un projet de législation sur le sujet. A l’image de sa compatriote Anglo Irish, la première banque du pays a annoncé le 8 décembre une offre d’échange décotée sur plusieurs lignes de dette subordonnée.
Bank of Ireland propose d’échanger neuf lignes d’échéances 2017 à 2020 en euros, livres et dollars, contre une ligne senior en euros de maturité 13 mois garantie par l’Etat et portant un coupon de 6,75%. Les décotes imposées oscillent entre 46% et 57,5% selon les lignes, soit environ 50% en moyenne. Le nominal concerné atteint au total l’équivalent de 3,5 milliards d’euros. L’opération devrait être bouclée le 16 décembre, et ses résultats annoncés le lendemain.
L’offre de Bank of Ireland se distingue cependant en plusieurs points de celle d’Anglo Irish. Tout d’abord, elle sera plafonnée à 1,5 milliard d’euros. «En cas d’acceptation par les porteurs à hauteur d’environ 50-60%, l’offre devrait générer un gain pour BoI d’environ 350 à 450 millions d’euros», indiquent les analystes crédit de Tullett Prebon.
La décote moyenne proposée est aussi moins douloureuse que celle d’Anglo Irish, fixée à 80%. Il est vrai que la situation financière de BoI n’est pas aussi désespérée, Anglo étant appelée à terme à disparaître. «Cela pourrait fournir la limite haute pour les taux de recouvrement sur les ‘meilleures des banques les plus faibles’», s’interrogeait jeudi la recherche crédit de BNP Paribas.
L’offre de BoI, enfin, ne contient pas la «sweeper clause» qui avait fait tant jaser dans le cas d’Anglo Irish. Cette disposition permet à la banque de rembourser à une valeur proche de zéro les obligations qui n’auraient pas été volontairement échangées, ce qui revient à forcer la main des porteurs. La clause a d’ailleurs entraîné le règlement des contrats CDS liés à la dette senior et subordonnée d’Anglo Irish, et qui se montaient à 398 millions de dollars au 3 décembre. Les enchères se sont tenues hier. Elles ont fait ressortir des valeurs de 18,5% environ pour la dette subordonnée, et de 76 % à 78% pour les différentes lignes seniors.
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