Bank of America se lance dans une grande chasse aux coûts
Télescopage fortuit ou pas, le PDG de Bank of America (BoA) a dévoilé hier un plan de réduction des effectifs quelques minutes après l’annonce par Barack Obama de mesures visant à assurer le financement de son programme de relance de l’emploi. Lors d’une rencontre avec les investisseurs à New York, Brian Moynihan a donné le ton : 30.000 emplois vont être supprimés dans les prochaines années, soit environ 10% de la masse salariale.
Objectif : réduire les charges annuelles, avoisinant actuellement les 73 milliards de dollars, de 5 milliards de dollars par an d’ici fin 2013. «Nous n’avons pas à être la plus grosse institution de la place, nous devons être la meilleure», a justifié Brian Moynihan. L’action Bank of America a plongé de 48% depuis le début de l’année, alors que la banque doit gérer son litige avec la FHFA (Federal Housing Finance Agency) ainsi que les conséquences du «foreclosuregate», le scandale des saisies immobilières abusives. Les investisseurs ont toutefois réservé un accueil teinté de scepticisme à ces mesures de réduction des coûts, les jugeant insuffisamment précises.
Dans la première phase du plan stratégique «New BAC», inaugurée en avril, cette cure d’amaigrissement va affecter les centres de données, au nombre de 63, et trois systèmes de dépôt. Après la banque de détail, les cartes de crédit, les prêts immobiliers et la technologie, une deuxième phase suivra en octobre pour s’achever en avril 2012. Elle couvrira les services aux institutionnels tels que la banque commerciale et le financement des entreprises. «Quand vous prenez la phase 1 et que vous la combinez à la phase 2, nous avons bon espoir de parvenir au ratio d’efficacité (charges sur chiffre d’affaires) de 55% évoqué en mars», explique Brian Moynihan.
Egalement dans le cadre de «New BAC», la banque a fait part la semaine dernière d’un remaniement des équipes dirigeantes. Joe Price, responsable de la division de banque de détail, et Sallie Krawcheck, en charge de la division de gestion de fortune et gestion d’actifs, en ont fait les frais. Tom Montag, président des activités internationales, et David Darnell, président des activités commerciales de la banque, sont en revanche montés en grade.
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