Bank of America se fait attaquer sur ses prêts hypothécaires
Bank of America (BofA) est encore loin d’avoir touché le fond. Dans la foulée de la publication décevante de ses résultats trimestriels et de l’enquête de l’Etat américain sur des procédures de saisies immobilières illégales, la banque se voit à présent poursuivie par un consortium d’investisseurs dont la Réserve fédérale de New-York ainsi que huit sociétés d’investissement influentes, pour que la banque rachète son portefeuille de titres adossés à des prêts hypothécaires (Mortgage-backed Securities) d’un montant supérieur à 47 milliards de dollars.
Les huit investisseurs concernés parmi lesquels se trouvent Blackrock, Pimco, Metlife mais également Freddie Mac et Fannie Mae et qui détiennent quelque 25% des droits de vote sur ces titres, ont ainsi décidé d’allier leurs forces à la Fed de New-York, qui a hérité d’une participation dans les MBS de 16 milliards de dollars lors du sauvetage de l’assureur AIG en 2008, pour faire pression sur BofA et sur son dépositaire, Bank of New York Mellon Corp afin de stopper l’hémorragie des pertes subies sur les portefeuilles hypothécaires vendus par sa filiale de financements immobiliers, Countrywide Financial.
Cette dernière est en outre accusée de ne pas avoir respecté les engagements passés sur pas moins de 115 transactions passées au plus haut de la bulle immobilière et d’avoir sous-estimé le coût de rachat des prêts hypothécaires. Les investisseurs réclament réparation et menacent même de poursuivre la banque en justice si elle ne leur donne pas satisfaction.
Ces poursuites engagées par une branche de la Fed mettent le gouvernement américain dans une situation très délicate alors qu’il a ouvert une enquête pour s’assurer de la légalité des saisies immobilières pratiquées par les banques sur les crédits immobiliers «subprime». Le 8 octobre dernier, réagissant à l’ampleur que prenaient ces allégations, BofA avait annoncé un moratoire sur toutes les saisies immobilières aux Etats-Unis.
La levée prématurée partielle de ce moratoire lundi et la publication hier de résultats plombés par une provision de 10,4 milliards de dollars pour dépréciation d’actifs, ravivent les inquiétudes des investisseurs sur la sous-estimation de l’impact des pertes subies sur les crédits hypothécaires et sur l’impact d’éventuelles nouvelles dépréciations sur les résultats futurs de BofA.
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