Bank of America sauve la face grâce à la baisse de ses créances douteuses
Tout comme Citigroup mardi, les résultats de Bank of America Merrill Lynch (BoA) ont été affectés par les incertitudes qui ont plané sur la décision de la Réserve fédérale américaine concernant son programme de rachat d’actifs. Comme l’anticipaient les analystes, cette attente a pesé sur les marchés de taux. Au troisième trimestre, BoA a vu les revenus de ses activités de taux, change et matières premières reculer de 20% par rapport au même trimestre en 2012, à deux milliards de dollars. A titre de comparaison, Citi souffre d’un recul de 26% (à 2,8 milliards) et JPMorgan de 8% seulement (à 3,4 milliards).
Globalement, le trimestre a été difficile pour BoA sur le plan opérationnel, puisque trois de ses cinq pôles ont vu leurs résultats se détériorer: la banque de marché (qui triple presque ses pertes à 778 millions de dollars, exceptionnels inclus), les services immobiliers aux particuliers (qui creuse sa perte de 17% à un milliard de dollars) et la banque d’investissement (qui recule très légèrement à 1,13 milliard).
Malgré tout, BoA redresse ses bénéfices par rapport au troisième trimestre 2012: son résultat net attribuable atteint 2,22 milliards de dollars, contre une perte de 33 millions un an plus tôt, provoquée par des ajustements comptables et des provisions pour litiges. Les analystes sondés par Thomson Reuters avaient anticipé un bénéfice par action légèrement inférieur à 18 cents (contre 20 cents publiés).
En dehors de cet effet de comparaison favorable, les comptes ont profité de l’amélioration du profil de risque du groupe, en particulier sur ses encours de prêts. Les abandons de créances ont atteint 1,69 milliard de dollars au troisième trimestre, contre 4,12 milliards un an plus tôt. Parallèlement, l’établissement a pu réduire ses provisions pour créances douteuses et litigieuses, de 1,77 milliard à 296 millions de dollars.
En outre, les comptes de BoA ont été enjolivés par la cession de sa participation dans China Construction Bank, pour 1,47 milliard, au mois de septembre. L’établissement a pu enregistrer un bénéfice avant impôt exceptionnel de 750 millions de dollars.
Mais d’autres menaces pèsent sur l’avenir de BoA: la pérennisation du risque juridique. Moins touché que JPMorgan, l’établissement a toutefois passé 1,1 milliard de dollars de charges liées à ses litiges juridiques. C’est moins qu’un an plus tôt, mais nettement plus qu’au deuxième trimestre, lorsque les provisions ont atteint 471 millions de dollars.
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