Bancassureurs et compagnies d’assurance creusent l'écart en France

Sept groupes ont généré 84% du résultat net de l’assurance en 2011, selon le baromètre de Facts & Figures. Les mutualistes peinent
Antoine Landrot

A quelques exceptions près, les groupes mutualistes ont décroché dans la course à la rentabilité ces dernières années. «Le résultat net du secteur se concentre sur un nombre très limité d’acteurs», estime Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts & Figures, qui présentait vendredi son baromètre 2013 Croissance et Rentabilité dans l’assurance en France.

Les assureurs «capitalistes», comme Axa et Allianz France, ont affirmé leur domination. Axa, en particulier, a réalisé 29% des bénéfices nets de l’ensemble des acteurs en 2011, contre 16,4% en 2007. Une performance d’autant plus remarquable que ses fonds propres ne pesaient que 11% de ceux du secteur en 2011 (9,6% en 2007). De leur côté, les quatre bancassureurs cumulaient 36% des bénéfices en 2011 (pour 30% des fonds propres), contre 29% en 2007 (pour 27% du capital).

Covéa – qui rassemble Maaf, MMA et GMF – est le seul mutualiste significativement présent grâce à «son approche transversale de la gestion des sinistres à travers Covéa AIS». Mais sa part de 9,1% du résultat net du secteur est inférieure à sa contribution aux fonds propres (12,9%). Tous les autres acteurs (dont le mutualiste Sferen, qui regroupe Maif, Macif et Matmut) ne réalisent que 16,7% des bénéfices.

Au-delà du creusement des écarts entre familles de l’assurance, ces chiffres signifient que les leaders réussissent à dégager davantage de marge pour moins de fonds propres. Si les chiffres cités s’arrêtent à 2011 (certains mutualistes publient leur rapport annuel tardivement), le consultant affirme que la tendance se poursuit. Or, rappelle-t-il, «la capacité à générer du résultat est un enjeu majeur dans la perspective de la mise en œuvre des règles de Solvabilité 2».

Dans ce contexte, certains ont jeté leur dévolu sur les risques de professionnels et d’entreprises, en délaissant les particuliers. Un choix a priori légitime, puisque l’écart de ratio combiné entre 2007 et 2011 est passé de 0,9 à 4,1 points en faveur de l’assurance pro (à 95,1%). Mais «ce n’est pas parce qu’il existe un potentiel qu’il va se réaliser et que les professionnels et les entreprises auront durablement la surface financière pour payer les marges. Les revenus de cette activité ne progressent d’ailleurs que de 1,5% par an. Ce n’est pas l’Eldorado, prévient Cyrille Chartier-Kastler. A long terme, les opérateurs performants sont ceux qui n’ont jamais délaissé les risques de particuliers».

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