Bancassureurs et compagnies d’assurance creusent l'écart en France
A quelques exceptions près, les groupes mutualistes ont décroché dans la course à la rentabilité ces dernières années. «Le résultat net du secteur se concentre sur un nombre très limité d’acteurs», estime Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts & Figures, qui présentait vendredi son baromètre 2013 Croissance et Rentabilité dans l’assurance en France.
Les assureurs «capitalistes», comme Axa et Allianz France, ont affirmé leur domination. Axa, en particulier, a réalisé 29% des bénéfices nets de l’ensemble des acteurs en 2011, contre 16,4% en 2007. Une performance d’autant plus remarquable que ses fonds propres ne pesaient que 11% de ceux du secteur en 2011 (9,6% en 2007). De leur côté, les quatre bancassureurs cumulaient 36% des bénéfices en 2011 (pour 30% des fonds propres), contre 29% en 2007 (pour 27% du capital).
Covéa – qui rassemble Maaf, MMA et GMF – est le seul mutualiste significativement présent grâce à «son approche transversale de la gestion des sinistres à travers Covéa AIS». Mais sa part de 9,1% du résultat net du secteur est inférieure à sa contribution aux fonds propres (12,9%). Tous les autres acteurs (dont le mutualiste Sferen, qui regroupe Maif, Macif et Matmut) ne réalisent que 16,7% des bénéfices.
Au-delà du creusement des écarts entre familles de l’assurance, ces chiffres signifient que les leaders réussissent à dégager davantage de marge pour moins de fonds propres. Si les chiffres cités s’arrêtent à 2011 (certains mutualistes publient leur rapport annuel tardivement), le consultant affirme que la tendance se poursuit. Or, rappelle-t-il, «la capacité à générer du résultat est un enjeu majeur dans la perspective de la mise en œuvre des règles de Solvabilité 2».
Dans ce contexte, certains ont jeté leur dévolu sur les risques de professionnels et d’entreprises, en délaissant les particuliers. Un choix a priori légitime, puisque l’écart de ratio combiné entre 2007 et 2011 est passé de 0,9 à 4,1 points en faveur de l’assurance pro (à 95,1%). Mais «ce n’est pas parce qu’il existe un potentiel qu’il va se réaliser et que les professionnels et les entreprises auront durablement la surface financière pour payer les marges. Les revenus de cette activité ne progressent d’ailleurs que de 1,5% par an. Ce n’est pas l’Eldorado, prévient Cyrille Chartier-Kastler. A long terme, les opérateurs performants sont ceux qui n’ont jamais délaissé les risques de particuliers».
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
La banque rouge et noire se fait taper sur les doigts par l’Autorité de contrôle pour avoir systématiquement inclus «Mon assurance au quotidien», un contrat collectif dommages, dans son offre groupée de services bancaires, Sobrio. -
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique