Axa se prépare à une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro
L’avenir de la Grèce au sein de la zone euro n’est plus un sujet tabou pour les institutions financières françaises. Depuis quelques mois, les assureurs se préparent ainsi à une telle hypothèse. «Ce n’est pas notre scénario central pour l’entreprise, a déclaré hier Henri de Castries, PDG d’Axa, lors d’un séminaire de presse près de Bordeaux. Mais nous devons nous préparer à tous les scénarios.» Le groupe français s’estime d’ailleurs bien armé pour faire face à un tel évènement. «Nous pourrons résister à une telle crise, y compris en cas de contagion à d’autres pays», estime Henri de Castries, qui exclut toute augmentation de capital en cas de survenance de ce scénario. Le sujet est d’autant moins problématique pour Axa que la compagnie n’a plus d’actifs grecs dans son portefeuille. De fait, en 2011, l’assureur a déprécié de 78 % l’ensemble de ses titres de dette souveraine grecque. «L’impact de la sortie de la Grèce de la zone euro est déjà dans nos comptes», a précisé Jean-Christophe Menioux, directeur des risques chez Axa.
De fait, le sujet n’est pas neuf chez Axa. Dès 2009, la compagnie a mobilisé ses équipes de gestion des risques pour étudier l’impact d’un éclatement de la zone euro, considéré comme l’un des huit scénarios extrêmes auxquels elle pourrait faire face, au même titre qu’une pandémie, une attaque terroriste ou une faillite bancaire. «Nous avons travaillé sur des scénarios allant de la sortie de la Grèce à l’éclatement de la zone euro, a reconnu Jean-Christophe Menioux. Depuis, nous avons mis à jour tous ces scénarios pour en évaluer les conséquences sur le groupe.»
Afin de parer à toute éventualité, Axa a d’ailleurs pris des mesures concrètes pour protéger son bilan. Dès le deuxième semestre 2011, l’assureur a arrêté d’acheter des obligations espagnoles et italiennes. «Nous avons gelé nos investissements dans ces pays comme nous l’avions fait en Grèce il y a déjà quelques années», a précisé Jean-Christophe Menioux. En parallèle, la compagnie a décidé «de rapatrier plusieurs milliards d’euros de dettes souveraines au sein des filiales locales», a-t-il ajouté. Axa a toutefois refusé de chiffrer l’impact d’une sortie de la Grèce de la zone euro, voire de son éclatement. «Ce serait considérable mais nous pouvons le supporter dans chaque pays de la zone euro, a avancé Jean-Christophe Menioux. Nous serions sérieusement blessés mais pas morts.»
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Schroders pourrait se séparer de sa filiale en Chine
Le gestionnaire d’actifs britannique avait obtenu l’autorisation de Pékin pour lancer cette filiale en 2023. -
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries