Axa peine à convaincre les investisseurs
Axa traîne sa décote boursière tel un boulet. Et contrairement à ce que l’on aurait pu croire, la conclusion de l’opération sur Axa APH avec l’australien AMP (qui permet à l’assureur français de prendre le contrôle de 100% du capital des activités asiatiques) n’a eu aucune conséquence sur le titre. Ce dernier a lourdement chuté hier, entraîné, comme l’ensemble des valeurs financières, par la situation irlandaise.
Pourtant, déclarait le PDG d’Axa Henri de Castries dans le communiqué du groupe, «l’opération [sur APH] nous permettra de doubler notre exposition au marché asiatique de l’assurance vie et de faciliter la poursuite de notre développement dans la région». Un atout souligné par les observateurs: «Notre valorisation [du titre Axa] laisse apparaître un potentiel de 44%, le plus élevé de notre échantillon. Nous considérons que le titre redevient progressivement attractif, d’autant qu’il a sous-performé le secteur de 24% depuis le début de l’année», estiment les analystes de Raymond James.
Mais un dénouement heureux de la transaction d’APH est jugé insuffisant. «La décote dont souffre Axa est liée à une multitude d’éléments. APH pèse relativement peu dans l’activité du groupe», rappelle Pierre Flabbée, analyste chez Kepler Capital Markets.
Divers éléments ont alimenté la méfiance des investisseurs: l’augmentation de capital de deux milliards pour financer la transaction, le poids de l’assurance-vie dans un environnement de taux d’intérêt bas, sans parler de la forte décollecte des filiales de gestion d’actifs américaines (AllianceBernstein et Axa Rosenberg). Même «le partenariat signé avec ICBC en Chine est une fausse bonne nouvelle, puisqu’il ne contient pas d’accord d’exclusivité. Il ne présente donc pas d’avantage concurrentiel déterminant», souligne Jérôme Cassagne, analyste chez Alphavalue.
En outre, la communication autour du plan Ambition, lors de la journée investisseurs du 16 novembre, a déçu. «Le plan fixe un calendrier lointain à 2015. Les investisseurs auraient sans doute préféré davantage de certitudes sous la forme d’une échéance plus rapprochée ou des éléments plus chiffrés», estiment les analystes de KBW. Pour autant, les deux tiers des analystes qui suivent Axa, dont l’ensemble des précités, demeurent positifs sur la valeur, estimant que la compagnie reprend progressivement la main sur son destin.
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L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse -
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