Axa met en place son plan stratégique dans un environnement chahuté
Axa «trace la route vers les objectifs de son plan stratégique 2015», a déclaré son président Henri de Castries, à l’occasion des résultats annuels. Si l’assureur «se dirige dans la bonne direction», comme le soulignent les analystes de Credit Suisse, les zones d’amélioration se révèlent toutefois encore peu visibles en première lecture.
Le bénéfice net a crû de 49% à 4,3 milliards d’euros (contre 6 milliards attendus par le consensus), dopé par 2,3 milliards de plus-values de cession (Canada, Australie et Nouvelle-Zélande) et contrebalancé par la couverture du portefeuille de «variable annuities» aux Etats-Unis pour 943 millions d’euros. Les comptes 2010 portaient 1,6 milliard de moins-values liées à la vente d’Axa UK.
Le résultat courant (-14% à 3,6 milliards d’euros) se révèle donc «un peu faible», selon Credit Suisse, sous le coup d’une hausse des provisions pour plus de 700 millions d’euros (dont 387 millions liés aux obligations grecques, dépréciées à 78%).
Le chiffre d’affaires, en recul de 2% à 86,1 milliards d’euros, a été affecté par la baisse de 4% à 52,4 milliards des activités vie, épargne et retraite (+3,5% à 27 milliards en dommages) . «Le volume global de nos affaires nouvelles est stable (-1%), mais avec un mix produits avantageux», estime Henri de Castries.
Mettant l’accent sur les marges par rapport aux volumes, comme annoncé dans son plan, Axa a annoncé une hausse de 13% des affaires nouvelles en prévoyance et retraite, avec une marge de 47%. «Nous voulons favoriser les unités de compte et avons gagné des parts de marché en France», a indiqué le président. Mais les unités de compte (23% de marge) ont reculé de 3%, là où les fonds en euros (marge de -4%) ont chuté de 20%.
Dans ce contexte, la collecte nette globale a chuté de 61%, à 3,3 milliards d’euros (dont 700 millions en France). Comparé aux chiffres du premier semestre, la collecte se révèle négative de 300 millions en second semestre (et nulle en France). Dans les marchés à forte croissance, l’un des axes stratégiques d’Axa, les affaires nouvelles n’ont crû que de 2%, le recul de 23% en Europe centrale et orientale (lié à la Pologne et à l’arrêt des activités en Hongrie) ayant plus que masqué la hausse de 16% en Asie.
Axa se dit cependant en ordre de marche par rapport à son plan, avec notamment une réduction de coûts de 300 millions d’euros en 2011 (1,5 milliard visé d’ici 2015) et une baisse de deux points de son ratio d’endettement à 26% (25% visés).
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