Axa met en forme sa stratégie de redéploiement géographique
Axa a donné hier un avant goût de son plan stratégique qui sera dévoilé aujourd’hui. L’assureur français a indiqué avoir cédé ses activités canadiennes d’assurance-dommages et vie, épargne, retraite au canadien Intact Financial pour 2,6 milliards de dollars canadiens (1,9 milliard d’euros) auxquels pourrait s’ajouter un montant allant jusqu’à 100 millions de dollars conditionné à l’atteinte d’objectifs de rentabilité sur cinq ans. La transaction est réalisée sur des multiples implicites de 13 fois le résultat courant 2010 et se traduira pour Axa par une plus-value exceptionnelle de 900 millions d’euros, comptabilisée dans le résultat net. Axa Canada pèse 1,7% des revenus du groupe.
Intact Financial, ING Direct Canada jusqu’en 2009, financera cette acquisition à hauteur de 500 millions de dollars en numéraire, par l’émission de 800 millions en actions et via 1,3 milliard de facilités de crédit. Suite à l’annonce de l’opération, Moody’s a indiqué qu’il pourrait dégrader la note d’Intact Financial d’un cran du fait de la baisse de la flexibilité financière induite par le recours à la dette pour financer le rachat.
Pour Axa, cette cession est en ligne stratégique avec celle des australiennes et néozélandaises logées dans AXA Asia Pacific, comme le rappelle le PDG du groupe, Henri de Castries. La cession «constitue une nouvelle étape de notre stratégie de redéploiement de notre capital vers des zones géographiques présentant des perspectives de croissance élevées sur le long terme ».
«Axa a doublé le poids économique de ses activités en Asie» estime Danny Jacques, analyste chez Raymond James. D’ailleurs, les autorités chinoises doivent rendre leur décision concernant l’accord de partenariat signé en octobre dernier par Axa avec ICBC et China Minmetals prévoyant le lancement d’ICBC-AXA Life Insurance qui distribuera ses produits dans plus de 16.000 agences en Chine avec un potentiel de 35 millions de clients.
Mais la cible d’Axa s’étend également à l’Afrique. Le groupe a annoncé hier la signature d’un partenariat, lui permettant d’opérer en Algérie avec deux entreprises publiques, la Banque extérieure d’Algérie et le Fonds national d’investissement. « C’est un pays où le potentiel de développement de l’assurance, qui représente aujourd’hui à peu près 1% du PIB, est énorme », estime Jean-Laurent Granier, le responsable pour la région Méditerranée et Amérique latine.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
TraumaMarqués par la défaite d'Alain Juppé en 2016, les philippistes se méfient de David Lisnard
Il y a dix ans, Alain Juppé était battu par François Fillon dans la primaire de la droite et du centre. « Les primaires sont un accélérateur de tendance », commentait à l'époque Edouard Philippe. David Lisnard est-il le nouveau François Fillon ? -
Choix publicsLa politique est-elle condamnée à la tragédie ?
Confrontés à la dramaturgie usée et convenue de la vie politique, en campagne comme à l'Assemblée, les électeurs semblent attendre de nouveaux acteurs capables de conjurer la fatalité, analyse Erwan Le Noan dans s achronique pour l'Opinion -
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions.