Aviva ouvre la porte à une cession de sa filiale américaine
Pat Regan, le directeur financier d’Aviva, a eu beau certifier que cela ne signifiait pas la mise en vente des activités américaines, pour de nombreux observateurs, l’annonce de la dépréciation de 876 millions de livres (1,1 milliard d’euros) de la valeur de cette division constitue un premier pas en vue d’une cession. Réalisée en 2006 pour un montant de 3,1 milliards de dollars, l’acquisition d’Amerus n’a pas réellement porté ses fruits. Les activités américaines de l’assureur génèrent un retour sur capital de 4%, cinq fois moins que les métiers les plus rentables du groupe britannique. Attendue depuis plusieurs mois, la vente de la division lui permettrait d’améliorer sa situation en capital mais aussi de réduire la volatilité de ses réserves, alors que ses ratios de solvabilité restent nettement inférieurs à ceux de ses concurrents: 125% contre 146% en moyenne pour ses comparables. Le groupe a promis de remonter son ratio à 160%.
La branche américaine n’est pas la seule sur la sellette. John McFarlane, le nouveau président exécutif de l’assureur britannique depuis le départ en mai d’Andrew Moss à la suite d’une révolte des actionnaires sur sa rémunération, a annoncé début juillet un plan stratégique passant notamment par la vente, sinon la fermeture, de 16 unités sur les 58 segments opérationnels de l’entreprise. Pour protéger la valeur des actifs, la direction n’a pas souhaité donner l’identité des divisions concernées. Mais elle a indiqué hier que des banques conseil avaient déjà été mandatées pour 10 des 16 dossiers.
Parallèlement à cette cure d’amaigrissement, Aviva s’est fixé en juillet un nouvel objectif de réduction des coûts: 400 millions de livres entre fin 2011 et début 2014. Son précédent objectif était de réduire les coûts à hauteur de 200 millions de livres d’ici à la fin 2012. Avec des charges de restructuration de 186 millions de livres, les résultats du premier semestre portent déjà les premières marques de cette réorganisation. Aviva a dégagé un bénéfice d’exploitation de 935 millions de livres (1,19 milliard d’euros), contre un peu plus de 1 milliard de livres sur la même période en 2011.
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