Assureurs et réassureurs tentent d'évaluer l’impact du séisme japonais
Le tremblement de terre et le tsunami qui ont secoué le Japon vendredi ont fait réagir le marché d’actions: les investisseurs se sont détournés des valeurs de l’assurance et de la réassurance. Mais les professionnels restent mesurés pour évaluer l’effet de la catastrophe sur ces acteurs.
«Les risques liés aux séismes au Japon sont correctement calibrés. Les logiciels de modélisation permettent un achat raisonné de contrats de réassurance par les assureurs. Les effets des tsunamis sont eux plus difficiles à anticiper. Mais les deux risques sont en général couverts par les mêmes contrats», explique Marc Hannebert, directeur général adjoint de la Caisse centrale de réassurance (CCR).
«Si le montant des sinistres réassurés s’approchait des 30 milliards de dollars, cette catastrophe pourrait engendrer une hausse significative des coûts de réassurance dans l’ensemble du marché», poursuit-il. AIR Worldwide a fourni hier une première estimation du coût de la catastrophe, qu’il chiffre dans une fourchette de 14,5 à 34,6 milliards de dollars (hors conséquences du tsunami et éventuelle catastrophe nucléaire).
Les assureurs européens semblent relativement à l’abri. «Nous ne sommes pas présents au Japon dans les grands risques en dommages», indique-t-on chez Axa. «Concernant les expositions aux tremblements de terre au Japon, signalons par exemple qu’un groupe comme Scor a une exposition maximale de 260 millions d’euros, correspondant au tremblement de terre extrême prévu une fois tous les 250 ans», expliquent les analystes de Natixis Securities. Selon le Lloyd’s, ce scénario équivaut à un séisme au centre de Tokyo provoquant des dégâts assurés de 50-55 milliards de dollars.
Pour l’instant, JPMorgan Cazenove estime le coût du séisme japonais à un, voire deux milliards pour les réassureurs européens, en raison de son éloignement de la capitale. Prudents, «les réassureurs internationaux surveillent de près leurs expositions cumulées au Japon. […] Nous ne pensons pas que les pertes affecteront la capitalisation des réassureurs», estimaient vendredi les analystes de Bank of America.
Mais la situation d’alerte nucléaire déclarée par les autorités nippones laisse à penser que le pire est peut-être à venir. En outre, les catastrophes naturelles en Australie et en Nouvelle Zélande ont déjà grevé les budgets «cat nat» des réassureurs pour 2011. Ceux de Munich Re, Swiss Re, Scor et Hannover Re sont déjà consommés à 114,5%, 111,4%, 89,1% et 41,5% selon JPMorgan.
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