Après les suppressions de postes, Goldman Sachs réduit les salaires
Goldman Sachs est en train de réduire les salaires de centaines de banquiers officiant au Royaume-Uni, selon plusieurs informations de presse citant des sources au fait de la situation. En 2009, la plupart des filiales britanniques des banques d’investissement avaient augmenté les salaires fixes de leurs employés afin de compenser la limitation de leurs bonus annuels exigée par les autorités qui estiment que des rémunérations trop élevées incitent à des prises de risques inconsidérées. Goldman Sachs avait alors établi des contrats aux rémunérations revalorisées pour une période de deux ans.
Afin de ne pas supprimer davantage de postes que les 1.000 déjà annoncés pendant l’été, Goldman Sachs décide donc de jouer sur les salaires, évoquant une clause contractuelle prévue à cet effet.
Richard Fox, juriste à la City chez Kinglsey Napley cité par The Telegraph, explique que si la plupart des grandes banques ont inclus des clauses en 2009 pour augmenter les salaires en compensation de la réduction des bonus, Goldman Sachs a pour sa part été «très astucieuse» d’inclure également une clause permettant d’annuler cette décision. La banque a informé ses salariés qu’elle ramènerait les salaires aux niveaux actuels en vigueur dans le secteur, plus élevés qu’en 2009.
Selon le juriste, qui constate que ces clauses sont extrêmement rares, il ne fait aucun doute que les autres banques regarderont de près ce qui se passe chez Goldman Sachs en vue d’appliquer la même méthode. «Normalement, ce qui se passe dans une banque est reproduit très vite. Je serais très surpris que d’autres banques n’aient pas cette clause…Vous pouvez en voir l’avantage.» Les analystes estiment également que d’autres banques vont réduire les salaires afin de limiter les coupes d’effectifs, mais que sans cette clause, cela pourrait être plus long et plus douloureux.
Cette annonce, qui s’ajoute aux nombreuses suppressions de postes de ces derniers mois, va sans doute alimenter l’amertume actuelle dans le secteur. Une étude de Capstone Partnership, relayée jeudi par Bloomberg, révèle que la plupart des banquiers juniors disent apprécier leur emploi mais restent insatisfaits de leur rémunération. 60% d’entre eux souhaiteraient rejoindre le private equity. «De moins en moins (d’entre eux) prévoient d’en faire une carrière, parce qu’ils travaillent toutes ces longues heures et ne sont pas aussi bien payés qu’ils l'étaient», souligne Rik Capelan,associé chez Capstone.
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