Après le Togo, la Société Générale place quelques pions au Mozambique
La Société Générale étend peu à peu sa présence en Afrique. Elle a annoncé hier l’acquisition de la Mauritus Commercial Bank (MCB) au Mozambique, dont elle devient actionnaire majoritaire via une augmentation de capital qui lui est réservée. Les conditions financières de cette opération ne sont pas précisées, mais elle permet à la banque d’entrer dans un 18e pays africain pour y développer une franchise.
La Société Générale veut accompagner la croissance du pays par le financement d’infrastructures et de ressources naturelles en particulier, alors que le Mozambique a fait des découvertes récentes de gisements de gaz importants.
La banque détient déjà depuis 2003 une coentreprise à parts égales avec la MCB, la Banque Française Commerciale Ocean Indien. Outre Madagascar dans une zone géographique proche, la Société Générale est plutôt implantée en Afrique de l’Ouest. Elle revendique la place de «1er réseau de banque universelle en Afrique» sur le segment des entreprises et se développe aussi sur celui des particuliers. La Société Générale avait annoncé début décembre avoir fait une demande d’agrément pour ouvrir une succursale à Lomé au Togo au second trimestre de cette année, y visant également la clientèle des entreprises.
Le groupe compte plus de 3 millions de clients en Afrique, dont 150.000 entreprises. Il a réalisé un résultat net part du groupe de 146 millions sur ce continent en 2014 pour un produit net bancaire (PNB) de 1,1 milliard d’euros. Des chiffres certes modestes par rapport aux 2,69 milliards d’euros de bénéfice net réalisé par le groupe en 2014 pour un PNB de 23,6 milliards d’euros. L’Afrique pèse toutefois pour environ 5% du PNB de la banque française, un cinquième des 25% de revenus générés dans les «pays émergents», contre 75% dans les «pays matures». Une proportion destinée à rester stable sur la durée du plan à 2016 de la banque.
Selon ce plan, présenté aux investisseurs en mai 2014, la Société Générale vise en Afrique une croissance de 7% de ses revenus annuels d’ici 2016 et un retour sur fonds propres (RoE) supérieur à 15%. En 2014, le PNB de la zone Afrique, Bassin méditerranéen et outre-mer a crû de 4,1 %, et les encours de crédit ont augmenté de 16,3% en Afrique.
La Société Générale, la banque française la plus implantée en Afrique devant BNP Paribas et BPCE, devrait préciser mi-avril ses ambitions sur ce continent.
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