Après la France, Barclays songerait également à quitter l’Italie
Trois candidats seraient intéressés par les agences de la banque britannique, prête à céder ses activités non ou insuffisamment rentables
Publié le
Antoine Landrot
Barclays semble décidée à faire le tri dans ses activités européennes. Plusieurs médias faisaient état hier de la volonté de l’établissement britannique de céder sa banque de réseau en Italie. «La banque a reçu trois lettres d’intérêt – deux émanant d’entités italiennes et une étrangère – concernant entre 180 et 200 agences», a déclaré une source proche du dossier au Wall Street Journal.
Présent dans l’activité de détail en Italie depuis 2006, Barclays dispose de 191 agences et de 180 «centres financiers» (spécialisés dans le crédit et partiellement détenus par les agents locaux qui les dirigent), principalement dans le Nord du pays. La source citée par le quotidien américain précise que le périmètre concerné dispose de quatre milliards d’euros de dépôts et d’un montant identique de créances. De telles sommes ne sont pas négligeables dans un contexte réglementaire plus exigeant en fonds propres et sont, à ce titre, susceptibles d’intéresser d’autres banques.
Mais la vente, si elle se confirme, promet d’être difficile. En effet, le réseau de Barclays gagne difficilement de l’argent. Selon la source citée par le Wall Street Journal, «ces agences perdent plusieurs dizaines de millions d’euros par an», en raison notamment d’une politique de rémunération des dépôts agressive. Pour ne rien arranger, la proportion de créances douteuses augmente fortement dans le secteur bancaire italien.
C’est pourquoi, en cas d’échec, le groupe britannique n’hésiterait pas à les fermer. L’agence Reuters explique, en citant également une source anonyme, que si des discussions préliminaires ont bien lieu, d’autres solutions sont également étudiées, comme une restructuration.
Une telle initiative de la part de Barclays, qui a perdu de l’argent en Europe dans la banque de détail en 2011, ne serait pas surprenante. Au début de l’année, son directeur général Bob Diamond a fixé un objectif de rendement des fonds propres (return on equity, RoE) de 13% pour 2013, alors que ce dernier n’a atteint que 6,6% l’année dernière. Et précisé qu’il n’existait aucune vache sacrée.
Des rumeurs font ainsi également état d’un projet de cession des activités françaises de banque de détail, de gestion d’actifs, d’assurance et de crédit-bail. Par ailleurs, Barclays a annoncé lundi la cession de sa participation de 19,6% dans BlackRock, le leader mondial de la gestion. Il a indiqué hier qu’il engrangerait 5,5 milliards de dollars de produit de cessions.
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