Ana Botín hérite de la présidence de Santander
L’incertitude n’aura duré que quelques heures à la tête de Santander. Le conseil d’administration de la banque a désigné hier à l’unanimité Ana Botín au poste de présidente du groupe, où elle succède à son père, Emilio, décédé dans la nuit de mardi à mercredi d’une crise cardiaque à l’âge de 79 ans. A bientôt 54 ans, la première femme à présider une grande banque mondiale dirigeait depuis 2012 Santander UK après avoir veillé pendant dix ans sur la filiale Banesto. De quoi assurer une continuité dans la stratégie du groupe.
Avec Ana, la quatrième génération de la famille Botín prend les rênes d’une banque dont elle détient aujourd’hui moins de 1% du capital. La dynastie a commencé en 1909, mais c’est sous le règne d’Emilio, qui avait rejoint l’établissement en 1958, que Santander est devenu un géant de la banque de détail. De Jamie Dimon (JPMorgan) à Anshu Jain (Deutsche Bank), de nombreux dirigeants ont rendu hier hommage au caractère visionnaire du disparu.
En 1986, pourtant, lorsqu’Emilio Botín accède à la présidence, le Banco Santander est encore la plus petite des sept grandes banques espagnoles. Ce patron très impliqué dans la gestion quotidienne, et qui a toujours su se ménager des soutiens politiques de droite comme de gauche, va alors multiplier les coups d'éclat. On lui doit la guerre des comptes rémunérés en Espagne avec le lancement des «super cuentas». Puis le groupe change de braquet au début des années 90, en raflant la banque en faillite Banesto au nez et à la barbe de ses concurrents. S’ensuivra une série de rachats ambitieux, notamment Central Hispano en 1999 et Abbey en 2004, sur un marché de détail britannique où les étrangers n’ont jamais percé. Sauf Santander, qui peut intégrer rapidement ses acquisitions grâce à un système informatique de haut niveau.
Dernier coup de maître: pour mettre la main sur la filiale brésilienne d’ABN Amro, la banque participe au dépeçage du groupe néerlandais en 2007 avec Fortis et RBS. Il revend quelques jours plus tard la filiale italienne Antonveneta, achetée 5,6 milliards d’euros, pour 9 milliards à Monte dei Paschi. Fortis en est mort, les deux autres paient toujours la facture.
Mais Santander, malgré la crise en Espagne, a traversé la période sans grands dommages. La banque est désormais la première de la zone euro par la capitalisation boursière. Celle-ci dépassait 92 milliards d’euros hier, loin devant celle de BNP Paribas (67 milliards).
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