Allianz France s’est préparé pour affronter 2017
La filiale française de l’assureur allemand a témoigné hier de son repositionnement dans le contexte de taux bas et d’incertitudes politiques. Son résultat opérationnel s’est établi à 1,08 milliard d’euros (+6,4%) en 2016 dont 656 millions en vie et santé (+19%) et 424 millions en dommages (-2%). Le résultat net s’est établi à 786 millions (+7,7%) tandis que le chiffre d’affaires est resté stable à 12,31 milliards d’euros.
L’assureur s’est repositionné dans l’environnement de taux bas. En vie, le chiffre d’affaires s’est établi à 5,29 milliards d’euros, «en décroissance voulue pour privilégier les activités rentables», a expliqué en conférence de presse Peter Etzenbach, membre du comité exécutif d’Allianz France en charge de la Finance. Allianz France a réorienté sa production vers les unités de compte (UC) : la collecte nette totale a été négative à -1 million d’euros dont +1,5 milliard en UC et -1,51 milliard en fonds euros. Le taux d’UC est stable depuis trois ans à 47%. En outre, «le risque de taux n’est plus notre premier risque financier car nous avons réduit à zéro l’écart de duration au 31 décembre 2016», a souligné Peter Etzenbach.
Transformation numérique
Allianz France mise donc plutôt sur le segment santé et prévoyance, «moins dépendant du risque de taux», où le chiffre d’affaires a progressé de 4,8% à 2,67 milliards d’euros en 2016. En dommages, la croissance du chiffre d’affaires (+2,1%) a été contrebalancée par la hausse des sinistres dus aux événements naturels et en automobile. Le ratio combiné s’est dégradé en passant de 95,9 à 96,3%, «mais reste meilleur que la moyenne du marché».
L’assureur s’adapte aussi à l’incertitude politique. Le scénario d’une élection de Marine le Pen a été «intégré dans notre protection de l’actif, de même que nous avions intégré le risque du Brexit ou les conséquences de l’élection américaine, a expliqué le PDG Jacques Richier. Nos économistes anticipent un impact sur la croissance en 2018 si elle était élue. Or notre métier est d’assurer le PIB». Le groupe surveille l’évolution des écarts de taux et achète moins de dette française car sa trésorerie est négative en euros.
Enfin, Allianz France a poursuivi sa transformation numérique en digitalisant ses offres en automobile et en emprunteur. Il teste des chatbots et des robo-advisors et forme son réseau d’agents salariés à la gestion de fortune. Depuis cinq ans, il réduit sa masse salariale d’environ 1,5% annuellement en ne remplaçant qu’un départ sur deux, une tendance qui devrait se poursuivre dans les cinq ans à venir.
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