Allianz France ajoute le crowdfunding à sa palette d’investissements alternatifs
Investi à 85% en produits de taux fin 2014, Allianz France doit se diversifier pour préserver le rendement de son portefeuille de placement de 85,4 milliards d’euros d’encours. Le financement participatif sera la prochaine poche alternative, après l’immobilier, les infrastructures, le renouvelable et le private equity.
L’assureur devrait ainsi annoncer dès le mois prochain un partenariat avec SmartAngels. Une plate-forme d’equity crowdfunding qu’il connaît pour y avoir indirectement investi en 2014 à travers Idinvest, l’ex-AGF Private Equity. Les projets d’Allianz France pourront prendre deux formes: l’investissement dans les start-up aux côtés des clients de la plate-forme, à travers un fonds géré par Idinvest, et le lancement d’un produit d’assurance spécifique.
Le maillon création d’entreprises compléterait une chaîne qui comprend déjà l’accélérateur dédié aux start-up du numérique, lancé à Nice en octobre dernier, et l’activité de private equity à travers Idinvest. «Nous étudions une coopération un peu plus directe entre Idinvest et Bpifrance pour accroître les montants que l’on peut investir», signale Matthias Seewald, directeur des investissements d’Allianz France.
L’assureur devrait par ailleurs faire monter en puissance son activité de prêts aux entreprises. Le mois dernier, il a obtenu le feu vert de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution pour prendre directement ces prêts aux PME-ETI à son bilan, sans en passer par des fonds dédiés comme Novo.
Dans le dispositif d’Allianz France, l’immobilier reste cependant la première poche de diversification (5,8% des actifs). L’an dernier, la compagnie a engagé 420 millions d’euros en direct et pris sept tickets d’un total de 454 millions d’euros dans de la dette hypothécaire. Le financement d’infrastructures a représenté 229 millions d’engagements en dette et 33 millions en fonds propres, pour un encours respectif de 282 et 78 millions. Enfin, 28 millions ont été misés dans des fermes solaires en France, portant la poche énergie renouvelable à 179 millions.
La volonté de diversification du groupe se fait toutefois à un rythme modéré compte tenu du peu de projets disponibles et de conditions de prix très concurrentielles. «Nous n’investissons pas autant que nous le souhaiterions, car nous sommes très attentifs au risque», souligne Matthias Seewald.
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