AIG pose les jalons d’un retour à sa gloire passée
AIG revient de loin et voit grand. L’assureur sauvé de la faillite par le Trésor américain en 2008 a indiqué cette nuit attendre avoir dégagé un résultat net de quelque 19,8 milliards de dollars au quatrième trimestre 2011, après une perte de 4,1 milliards au trimestre précédent. Si cette performance a très largement bénéficié d’un changement comptable exceptionnel de 17,7 milliards, le résultat opérationnel a tout de même affiché un gain de 1,6 milliard après une perte de 2,2 milliards un an auparavant. A 82 cents hors exceptionnels, le bénéfice par action ressort très au-dessus des prévisions du consensus Reuters de 63 cents. Sur l’ensemble de l’année, AIG a réussi à dégager un résultat net de 17,8 milliards, après 7,8 milliards en 2010, année où l’assureur avait pourtant enregistré des gains exceptionnels liés à la cession notamment d’American Life Insurance et de deux tiers du capital de sa filiale asiatique AIA.
Justement, le tiers des actifs conservés par l’assureur dans AIA a dopé ses résultats d’un milliard de dollars du fait de la hausse de ses cours durant le trimestre, après une perte de 2,3 milliards au trimestre précédent. AIA a annoncé ce matin un résultat opérationnel plus fort que prévu, à 82 cents par action, contre 59 prévus par le consensus. En hausse de 1,6% ce matin à 27,85 dollars hongkongais, l’action AIA a gagné 21% depuis le début de sa cotation à Hong Kong le 29 octobre 2010, faisant bien mieux que China Life Insurance, Ping An ou Prudential.
Ces chiffres «montrent que nos activités sont solides, ce qui nous donne à présent l’opportunité d’utiliser des crédits d’impôts» a estimé le directeur général d’AIG, Robert Benmosche. De quoi faire rebondir le titre de plus de 6% à 29,70 dollars dans les échanges après Bourse. Un niveau au-dessus du point mort de revente de 28,73 dollars des 77% de participation du Trésor américain. Le Trésor a déjà cédé 12% l’an passé, mais depuis, le titre était revenu sous son seuil de point mort. «Si les investisseurs croient à une hausse de l’action, alors le Trésor a l’opportunité de céder davantage d’actions» a indiqué Robert Benmosche. Et d’ajouter que le groupe était même prêt à racheter lui-même une partie des actions, en plus du programme de rachat d’actions déjà fixé à un milliard de dollars. «Dès que le Trésor vendra, nous voulons être capable d’avoir les fonds nécessaires pour soutenir ces ventes», a précisé le dirigeant.
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