AG2R La Mondiale et la Matmut vont améliorer leur solvabilité
Les premières synergies du rapprochement entre AG2R La Mondiale et la Matmut seront financières. Hier, le groupe de protection sociale et la mutuelle d’assurance ont détaillé l’organisation juridique du nouvel ensemble, qui pourrait voir le jour le 1er janvier 2019 et être piloté par André Renaudin (directeur général d’AG2R La Mondiale) comme DG et Nicolas Gomart (directeur général de la Matmut) comme DG délégué. Si les deux hommes ont insisté sur la complémentarité des groupes et donc le potentiel de multi-équipement et de fidélisation des clients, ils ont prévenu que ces synergies ne seraient pas réalisées en 2019. Elles feront «l’objet de travaux menés par des groupes de travail spécialisés», a précisé Nicolas Gomart, soulignant que ces sujets étaient lourds et complexes, notamment pour les systèmes d’information et la formation.
Pour preuve, le dirigeant a cité l’exemple de la fusion-absorption de la mutuelle santé Ociane, actée en juin 2016. Les réseaux d’agences d’Ociane et de la Matmut ont été fusionnés, mais la distribution par les collaborateurs des agences ex-Ociane des produits IARD de la Matmut n’a pas encore été lancée, car «le diable est dans les détails».
En revanche, l’autre grand objectif du rapprochement entre AG2R La Mondiale et la Matmut est lui bien concret. Il s’agit de la solidité financière. «Compte tenu de la complémentarité des deux maisons, il y aura des effets significatifs de diversification de l’activité et des risques, avec un impact positif sur la solvabilité», a souligné Nicolas Gomart. Le besoin de marge de solvabilité du nouvel ensemble baissera, et d’autre part, la marge de solvabilité «va un peu augmenter» mécaniquement, a détaillé André Renaudin.
Au 31 décembre 2016, AG2R La Mondiale comptait 5,7 milliards d’euros de fonds propres contre 1,5 milliard d’euros pour la Matmut. Celle-ci a un ratio de solvabilité de 183% sans mesures transitoires, tandis que celui d’AG2R La Mondiale, de 146% sans mesures transitoires au 30 juin 2017, passe à 224% en comptant les mesures transitoires de Solvabilité 2.
L’émissionde 594 millions d’euros de dette réalisée ces dernières semaines par AG2R La Mondiale bénéficiera à la solvabilité du nouvel ensemble, puisque la solidarité financière sera totale. Une émission de cette taille représente plus de 10 points de marge supplémentaires pour AG2R La Mondiale.
Plus d'articles du même thème
-
AIG voit son bénéfice net bondir de 63% au troisième trimestre
Le géant mondial de l’assurance a publié des résultats au-dessus des attentes. Son bénéfice net progresse de 63% à 844 millions de dollars au troisième trimestre. -
BPCE poursuit sa conquête du Portugal en achetant Gamalife à Apax Partners
Le groupe mutualiste, qui publie ses résultats trimestriels, confirme qu’il veut reprendre le bancassureur de Novobanco, cédé par la banque portugaise en 2019. -
Les émissions de dettes subordonnées bancaires européennes pourraient diminuer en 2027
L’offre d’obligations subordonnées perpétuelles Additional Tier 1 (AT1) nette des remboursements devrait baisser d’environ deux tiers par rapport à cette année, selon les stratégistes de Barclays.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
La moto électrique peut-elle encore séduire ?
Longtemps annoncée comme l'avenir du deux-roues, la moto électrique peine encore à convaincre. Pourtant, à la tête de Zero Motorcycles et de BRP, deux dirigeants français parient sur une bascule imminente. -
Droit dans ses bottesBudget : le gouvernement refuse de modifier ses hypothèses pour 2026
Malgré les doutes exprimés par le Haut Conseil des finances publiques, Roland Lescure et David Amiel ont maintenu l'objectif de déficit à 5,4 % en 2026 dans le projet de loi de finances de fin de gestion, en dépit de la panne de croissance du troisième trimestre -
Come backJeunes, pouvoir d'achat : les syndicats à la manœuvre
Après avoir été doublées par les lycéens, les centrales sortent de l’ombre et prennent la colère sociale en main, bien décidées à occuper le terrain face à un pouvoir politique affaibli