Advent boucle le rachat du réseau balkanique de Hypo Alpe Adria
Les négociations sur le rachat par Advent et la Berd des actifs balkaniques de l’ex-Hypo Alpe Adria ont enfin abouti. Le fonds de capital investissement et l’institution européenne, qui prendront respectivement 80% et 20% du capital du réseau Southeast Europe (SEE), débourseront dans un premier temps 50 millions d’euros. En fonction du respect de certaines conditions, le prix de rachat pourra atteindre jusqu’à 200 millions d’euros.
Débutés en septembre, les pourparlers avec la banque, nationalisée en 2009 par l’Etat autrichien, s’étaient conclus par un accord de principe dès le 30 octobre. Faute de signature officielle, l’expiration fin novembre de la période d’exclusivité avait relancé le processus. Un contretemps qui traduisait la volonté de Vienne d’assurer de meilleures conditions de vente, et de tenter de régler le différend avec BayernLB, l’ex-maison mère de Hypo Alpe Adria.
Révélées par la crise, les fragilités du développement accéléré de la banque dans les Balkans avaient conduit l’Autriche à injecter 5,5 milliards d’euros. La faillite a coûté à BayernLB 3,8 milliards d’euros, dont 2,4 milliards de prêts non remboursés pour lesquels la banque a intenté un procès à Vienne le 17 décembre. Le gouvernement a répondu en attaquant vendredi BayernLB, estimant que la banque bavaroise n’avait pas révélé l’ampleur des difficultés de Hypo Alpe Adria et lui devait 3,5 milliards d’euros.
Si cet imbroglio n’est pas de nature à remettre en cause la transaction, qui devrait être finalisée mi-2015, il illustre la laborieuse restructuration de Hypo Alpe Adria. Ce n’est qu’en mars 2014 que l’Autriche a acté la création d’une «bad bank», finalisée en octobre par la création de Heta Asset Resolution. Le réseau SEE a lui été logé dans une nouvelle entité, Hypo Group Alpe Adria (HGAA).
A l’issue des négociations, le gouvernement a obtenu de réduire de 2 à 1,7 milliard d’euros le montant des garanties apportées au portefeuille de HGAA. Les acquéreurs se sont par ailleurs engagés à rembourser progressivement 2,2 milliards d’euros de prêts contractés par le réseau auprès de Heta. Malgré cette disposition, les créanciers de Heta craignent désormais une liquidation de la «bad bank», au bilan duquel figurent 11 milliards d’euros d’actifs garantis par l’Etat autrichien.
Mardi, l’obligation de Heta 4,375% à échéance 2017 rebondissait de 1% à environ 70% du pair, non loin de son plus bas historique.
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