Admiral reprend Luko au bord du gouffre
Mieux vaut parfois abréger les souffrances. Trois jours après l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, l’assurtech française Luko a annoncé avoir été reprise par le groupe britannique de services financiers Admiral. Cette opération comprend «l’essentiel de ce qui fait Luko», précise un communiqué diffusé par la société, à savoir les équipes en France, l’innovation et les outils technologiques, ainsi que les activités habitation ou emprunteur.
Luko Real Estate, les activités en Allemagne et en Espagne ne font pas partie de cette transaction. En mai 2021, Luko s’était lancé en Espagne et en janvier 2022, la société avait tenté une diversification outre-Rhin en rachetant l’assureur allemand Coya. Deux essais qui seront finalement abandonnés.
Le groupe Admiral, créé en 1993, est présent au Royaume-Uni, en France, en Italie, en Espagne et aux Etats-Unis et revendique 9 millions de clients. Cette opération lui permet de se renforcer dans l’Hexagone, ou il officie avec sa filiale existante, L’olivier Assurance. «Rejoindre le groupe Admiral nous permet d’accélérer notre développement et de capitaliser sur l’expertise de la filiale française du groupe, L’olivier Assurance : nous envisageons notamment de lancer prochainement l’assurance auto Luko», a déclaré Raphaël Vullierme, fondateur et PDG de Luko dans un communiqué.
Choix restreints
Cette opération permet surtout à Luko de se sortir d’une mauvaise passe. Après avoir échoué à lever de nouveaux fonds en novembre 2022, la société dans laquelle Speedinvest, EQT Ventures, Accel, Funders Fund ou Orange Ventures sont investis, cherchait un moyen de rééchelonner ses 45 millions d’euros de dettes. Sa forte concentration sur le marché de l’assurance habitation et la difficulté à tenir des clients à distance, sans points de contact physiques, auront eu raison de l’assurtech.
Aucun détail financier n’a été divulgué sur l’opération, mais vu la situation financière de Luko, qui n’a pas atteint la rentabilité, il y a peu de chances pour que les fonds aient récupéré la totalité des 70 millions d’euros qu’ils y ont placés depuis la création de la société. Selon un actionnaire concerné par l’opération qui s’exprime sur les réseaux sociaux, le montant de la cession serait de 11 millions d’euros, augmenté de 3 millions si l’assurtech atteint certains objectifs. Les autres actifs de Luko non concernés par cette vente pourraient être cédés pour un montant compris entre 9 et 17 millions d’euros. Assurément, le compte n’y est pas.
Plus d'articles du même thème
-
Crédit Agricole Assurances fait ses premiers pas dans la finance tokenisée avec Amundi
Le premier assureur de France a réalisé un investissement de 100 millions d’euros dans un fonds tokenisé par le gérant maison. -
Il y a urgence sur la prévention des risques de pertes d’exploitation pour les entreprises
La sévérité moyenne des sinistres a bondi de 30% au cours de deux derniers exercices écoulés, selon Allianz Commercial. -
Tessi veut se refaire en santé
Le spécialiste de l'externalisation dans la banque veut passer à l’offensive dans la délégation de contrats d’assurance santé, un marché où il est entré il y a presque dix ans avec l’acquisition d’Owliance.
ETF à la Une
Schroders crée le poste de responsable du développement ETF pour la France, la Belgique et le Luxembourg
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
- Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsLa France veut changer, mais son modèle social l’en empêche
« La solution réside probablement dans un mouvement d’ensemble ; non en modifiant marginalement un paramètre ici et un autre ailleurs, mais en engageant une profonde transformation » -
EXCLUSIF Clivage(s)Blocus des lycées : les Français soutiennent le mouvement, mais souhaitent qu’il s’arrête au plus vite
Face à la révolte lycéenne, les réponses apportées par le gouvernement divisent le spectre politique. Cette séquence éclaire autant un clivage générationnel qu'idéologique, y compris à gauche entre électeurs insoumis et socialistes -
Feux de détresseDerrière le boom de la voiture électrique, l’urgence industrielle en France et en Europe
Jamais l’industrie automobile française et européenne n’a autant innové et autant investi. Mais cela ne suffira pas à assurer sa survie