A court de capital, Co-op Bank repousse le vote de ses bonus
La banque britannique, qui risque de rater les stress tests menés par la Banque d’Angleterre, soumettra un nouveau plan lors de son assemblée générale 2015.
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Julien Beauvieux
L’assemblée générale de Co-op Bank prévue mercredi 10 décembre ne votera pas le plan d’intéressement à long terme (LTIP) du management, initialement inscrit à l’ordre du jour. «Le Conseil ne pense pas qu’il soit approprié à l’heure actuelle de demander aux actionnaires de voter le LTIP», a indiqué le groupe dans un communiqué, ajoutant qu’une nouvelle mouture serait soumise à l’assemblée générale annuelle de 2015.
Lundi dernier, le directeur général, Niall Booker, a en effet jugé «que ce ne serait pas une surprise si la banque ne remplissait pas les ratios de capital» prévus par les stress tests de la Banque d’Angleterre. Le résultat est attendu le 16 décembre. Cette annonce a provoqué une envolée des spreads des obligations de Co-op Bank, les investisseurs estimant qu’elle ne serait pas capable de renforcer son capital et pourrait imposer des pertes à ses créanciers. En fin de semaine, le rendement de l’obligation subordonnée 11% échéance 2023 évoluait toujours à 8,8%, en hausse de 44 points de base sur la semaine.
«Bien que la capitalisation de la banque se soit améliorée sur les neuf premiers mois de 2014, nous considérons qu’elle demeure faible étant donné les défis et les risques auxquels fait face l’établissement», estime Fitch. Maintenue à B avec perspective négative, la note de Co-op Bank «reflète la pression continue qu’exerce sur le capital un portefeuille de prêts peu performants et les pertes opérationnelles probables des deux prochaines années», ajoute l’agence de notation.
Le gonflement des pertes de la banque mutualiste, qui avaient atteint 1,3 milliard de livres en 2013, a conduit sa maison-mère, Co-op Group, à céder le contrôle aux créanciers en octobre de la même année. Malgré l’apport par ces derniers de 1,2 milliard de livres en capital, l’identification d’un «trou» supplémentaire dans les comptes a obligé Co-op Group à lever de 400 millions de livres cette année, notamment pour provisionner des crédits immobiliers à risques.
Pour l’heure, les multiples cessions de portefeuille d’actifs et d’entités opérationnelles (Sunwin Services, Illius Properties) ont permis de réduire les pertes et de regonfler ses coussins capitalistiques. Vu l’environnement de marché favorable, la banque a d’ailleurs souligné vendredi «qu’il pourrait maintenant être possible de céder certains portefeuilles additionnels». A la fin juin, le ratio CET1 de la banque s’établissait à 11,5%, contre 7,2% fin 2013.
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