Les instits vont lutter contre la concentration des indices et se diversifier en 2026
Si 2025 devrait représenter une bonne année pour les investisseurs institutionnels, ils ne manquent pas de défis pour 2026. Lors d’une table ronde sur les allocations pendant la Journée Nationale des Investisseurs organisée par L’Agefi le 2 décembre 2025, Chloé Pruvot, directrice d’EDF Gestion, a soulevé la problématique de la trop forte concentration des indices. Elle indique que dès la fin de 2024, EDF Gestion a fait le constat d’un phénomène de concentration marqué sur les actions dans son indice de référence MSCI ACWI, peu commun chez les investisseurs institutionnels. La concentration est à la fois géographique et sectorielle, avec un déséquilibre en faveur des Etats-Unis et de certains émetteurs du secteur technologique, les « magnificent seven ». En 2025, l’équipe a travaillé à réduire la concentration avec un indice USA Equal Weighted pour aller vers quelque chose d’équipondéré, à une réduction de l’exposition aux actions globales et à une réallocation vers le non-coté sur la partie allocation stratégique.
« Sur les marchés actions, nous sommes dans une phase d’étude pour voir comment nous allons déconcentrer notre exposition aux actions américaines, confirme Chloé Pruvot. Nous allons regarder différents types d’indice au-delà de l’equal-weighted pour essayer d’apporter cet élément de diversification. » Elle évoque notamment des indices à faible volatilité ou ex-mega cap et va maintenir sa diversification sur les pays émergents : après une bonne année avec la Chine, elle explique regarder l’Inde. EDF Gestion utilise un fonds global émergents, sans couverture, et surpondère certaines zones avec des fonds spécifiques à certains pays.
Le marché américain reste complexe
Vincent Tournier, directeur des investissements groupe d’Aéma, ne va pas faire brusquement obliquer la trajectoire de son allocation, mais évoque lui aussi la diversification géographique. «En 2026, on va continuer sur les OAT, nous allons chercher un peu de diversification en Allemagne, en Italie, aux USA et au Japon. La dette émergente est marginale mais c’est intéressant, exprime-t-il. Sur les actions, nous sommes positionnés sur des zones dynamiques comme l’Asie, le Japon notamment. Aujourd’hui c’est compliqué de mettre des actions US en portefeuille, nous n’avons pas de volonté de nous renforcer en dehors de la France et de la zone euro.» Aéma travaille principalement avec son gérant maison, Ofi Invest, pour l’investissement en direct et la sélection de fonds.
Chez Garance, le responsable des investissements Guillaume Derrien surveille aussi la concentration des actions sur les indices, après avoir joué tactique sur le marché actions américain durant 2025. « Il y a une forte concentration sur les magnificent seven mais aussi sur les marchés européens avec ASML et Novo Nordisk sur l’Euro Stoxx. Cela a déclenché une alerte quand a été dépassée notre limite de 1% du portefeuille par action, donc nous avons relevé ce plafond ».
Garance a déjà mis en place avec son gérant Indép’AM une stratégique spécifique sur des secteurs et zones géographiques ciblées uniquement via des ETF, donc va aller chercher de la diversification sur sa poche d’obligations souveraines. Les tombées vont servir à aller sur des titres d’Etats comme la Belgique, la Pologne ou la Hongrie. Guillaume Derrien précise avoir lancé une analyse pour piloter cette diversification en Europe, et la France qui représente environ 20% de cette poche devrait descendre à 15-16%.
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