Les gérants du GPIF distinguent L’Oréal et TotalEnergies pour leur rapport ESG
Le plus grand fonds de pension du monde affine son approche ESG en s’appuyant sur ses gérants externes. Le Government Pension Investment Fund (GPIF) japonais leur a demandé d’identifier les entreprises offrant les meilleures publications extra-financières, en privilégiant les informations réellement utiles à l’investissement.
Au total, 47 gérants d’actions internationales ont été sollicités, dont 44 ont répondu. L’exercice débouche sur une liste resserrée d’émetteurs cités au moins cinq fois. Deux groupes français y figurent : L’Oréal et TotalEnergies, chacun crédité de cinq nominations, aux côtés notamment de Microsoft, Unilever ou Nestlé.
L’initiative s’inscrit dans la stratégie du GPIF, qui privilégie une intégration pragmatique des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), fondée sur la matérialité financière. L’objectif n’est pas de récompenser les politiques de communication, mais d’identifier les sociétés dont les publications permettent d’éclairer les décisions d’allocation. Le fonds insiste notamment sur la cohérence entre stratégie, gouvernance et indicateurs, ainsi que sur la capacité à couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur.
Dans ce cadre, L’Oréal apparaît comme un standard de marché. Les gérants soulignent l’intégration étroite des enjeux ESG dans le modèle économique, la granularité des indicateurs et la qualité du suivi des engagements, y compris sur le scope 3 des émissions de gaz à effet de serre. La présence de TotalEnergies est plus notable : elle traduit la reconnaissance de la transparence du groupe sur sa trajectoire de transition, malgré un positionnement exposé aux énergies fossiles.
Avantage européen
Au-delà de ce duo, la France est bien représentée dans la liste élargie de 203 entreprises identifiées par les gérants. Neuf groupes français y figurent : Schneider Electric (quatre citations), Air Liquide (trois), Danone et Kering (deux chacune), ainsi que BNP Paribas, Axa, Carrefour, Legrand et Saint-Gobain.
Plus largement, les entreprises européennes occupent une place importante dans l’échantillon, proche de la moitié des sociétés citées. Cette présence reflète en grande partie un avantage réglementaire. Les cadres issus de la directive CSRD notamment imposent des publications structurées autour de la double matérialité, déjà alignées avec les attentes des investisseurs. A l’inverse, les émetteurs d’autres zones publient souvent des informations plus hétérogènes, moins directement exploitables.
A lire aussi : Le GPIF japonais a achevé 2025 avec l’équivalent de 1.580 milliards d’euros d’actifs
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