Plus de 340 milliards d’euros ont afflué vers le marché européen des ETF en 2025
Rien ne semble pouvoir arrêter le tsunami des ETF. En 2025, le marché européen des fonds cotés a pulvérisé son précédent record de collecte, enregistré en 2024 : selon les données de Trackinsight compilées pour L’Agefi, il a engrangé 330 milliards d’euros l’an dernier et même 342 milliards si l’on tient compte de l’ensemble des produits cotés (y compris donc les ETP sur les matières premières et les cryptoactifs). En 2024, les souscriptions nettes avaient atteint 249 milliards d’euros « seulement », soit une hausse annuelle de 37 %. Conjuguée à un effet de marché très positif, cette collecte permet aux encours de bondir à 2.734 milliards d’euros. En dollars, la barre des 3.000 milliards est allègrement dépassée, avec 3.200 milliards sous gestion.
Electrochoc du plan de relance allemand
Pour autant, 2025 est loin de s’inscrire dans une continuité par rapport à 2024. Si les ETF actions continuent de dominer la collecte (249 milliards, soit près des trois-quarts), l’allocation géographique de ces flux a très significativement évolué. Reines de 2024 avec plus de 100 milliards d’euros de collecte, les actions américaines n’ont capté que 36 milliards en 2025. La rotation a profité aux ETF d’actions émergentes (21 milliards contre 8 l’année précédente) mais surtout européennes au sens large du terme (66 milliards contre 11 l’année précédente).
L’électrochoc du plan de relance allemand et le réarmement massif attendu du Vieux continent ont été de puissants catalyseurs, comme l’illustrent les quelque 5 milliards d’euros de collecte des ETF d’actions allemandes et les 10 milliards fléchés vers des ETF sur la thématique de la défense. Mais dans une logique de recherche de diversification, ce sont avant tout les ETF d’actions mondiales qui ont eu les faveurs des investisseurs, avec un total de 89 milliards d’euros. Les seules zones plus à la peine ont été les économies nordiques (-710 millions), le Royaume-Uni (-500 millions) et la France (-420 millions), empêtrée dans sa crise politique.
Record sur l’obligataire
Le record de collecte de 2025 a également été alimenté par les ETF obligataires. Ces derniers captent 77 milliards d’euros, contre 58 milliards l’année précédente. La zone euro et les Etats-Unis font jeu égal (environ 7 milliards) mais l’évolution la plus nette est le retour en grâce de la dette émergente sur la fin d’année : les ETF de cette classe d’actifs ont attiré au total plus de 3 milliards d’euros en 2025, contre des rachats de plus de 2 milliards en 2024. En termes de qualité de crédit, les obligations notées « investment grade » continuent de dominer le marché avec 56 milliards de collecte, les émetteurs souverains et d’entreprise faisant jeu égal (29 et 28 milliards respectivement). A noter également le rebond spectaculaire des ETP sur les matières premières (environ 10 milliards d’euros de collecte contre des rachats massifs les deux années précédentes), au premier rang desquels l’or mais aussi l’argent. Les ETP crypto, en revanche, peinent à décoller : malgré une collecte solide de 3 milliards d’euros, leur encours baisse de 14 % du fait de la forte correction de fin d’année.
Recul de l’ESG
La structure du marché européen continue, elle aussi, d’évoluer. Alors que jusqu’en 2022, le paysage était dominé par les ETF ESG (jusqu’à 70 % de la collecte), ces derniers continuent de voir leur part reculer en 2025, à 16 % des flux et 21 % des encours. L’attention s’est bien davantage reportée sur les ETF actifs, même s’il s’agit pour l’instant essentiellement d’une histoire d’offre plutôt que de demande : ils représentent ainsi 13 % du nombre de véhicules, mais seulement 9 % de la collecte et 3 % des encours. Des chiffres qui progressent lentement mais sûrement.
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