2024 : un millésime record pour les ETF européens
L’accélération est sensible. L’an dernier, le marché européen des ETF a engrangé 275 milliards de dollars de collecte nette, selon les données de Trackinsight. C’est 100 milliards de plus qu’en 2023, année de reprise après le coup de frein de 2022, mais aussi près de 80 milliards au-dessus du précédent record, celui de 2021. Symbole de cette croissance, 2024 est l’année où l’encours des fonds cotés européens aura franchi la barre de 2.000 milliards d’encours, en dollars vers la mi-année, mais aussi en euros en octobre. Les actifs sous gestion atteignent ainsi, au 31 décembre, 2172 milliards d’euros.
Si 2023 avait été une année faste pour les ETF obligataires, 2024 est sans conteste un exercice à part pour les ETF actions. Ces derniers ont attiré pas moins de 196 milliards d’euros, dont la moitié (99 milliards) au profit des actions américaines et plus d’un tiers (71 milliards) pour les véhicules investis en actions mondiales. Les actions de la zone euro, quant à elles, doivent se contenter de quelque 5 milliards d’euros de flux, sans compter l’hémorragie de 1,6 milliard d’euros qui a spécifiquement touché les ETF sur les actions allemandes.
Les ETF obligataires ont, quant à eux, drainé 59 milliards d’euros, en retrait par rapport à 2023 (76 milliards). Là aussi, ce sont les actifs américains qui ont bénéficié des flux les plus soutenus (11 milliards), ceux de la zone euro parvenant toutefois à rester dans la course (8 milliards). L’année reste en revanche rouge pour la dette émergente, dont les ETF subissent des rachats pour 2,5 milliards. Les matières premières sont également à la peine : les ETP sur l’or, notamment, voient partir 5 milliards d’euros (contre - 10 milliards en 2023). Enfin, les produits adossés aux crypto-actifs, particulièrement en vogue aux Etats-Unis après l’autorisation des premiers ETF bitcoin par la SEC (Securities and Exchange Commission) en janvier, restent en berne en Europe, avec à peine 270 millions d’euros collectés.
La prime aux grands gérants
Dans un tel marché focalisé sur les ETF d’actions américaines – un des segments les plus concurrentiels de cette industrie -, ce sont logiquement les plus grands acteurs qui ont tiré leur épingle du jeu, à commencer par l’indétrônable BlackRock. Ses ETF iShares ont engrangé pas moins de 84 milliards d’euros sur le marché européen, dont près de 18 milliards pour son fonds «flagship» iShares Core S&P 500 Ucits ETF – USD (ISIN IE00B5BMR087). La deuxième place du classement échoit cette année à DWS et ses produits XTrackers qui devance Amundi : l’allemand capte 36 milliards d’euros de flux – grâce notamment à ses ETF sur le S&P 500 équipondéré – et distance le français et ses 29 milliards de collecte. Au coude à coude, Vanguard et SPDR complètent le haut du tableau avec respectivement 25,1 et 24,7 milliards d’euros.
Les performances commerciales des autres fournisseurs français sont, quant à elles, très hétérogènes : BNP Paribas AM, avec 3,8 milliards d’euros de collecte, pâtit quelque peu du moindre appétit pour les véhicules ESG, tandis que sa future acquisition, Axa IM, poursuit la construction de sa nouvelle activité d’ETF en attirant 790 millions d’euros. L’affilié de Natixis IM, Ossiam, finit en revanche l’année en difficulté, avec 2,2 milliards d’euros de décollecte. Une contre-performance partagée par d’autres fournisseurs internationaux de poids, comme WisdomTree (-1,5 milliard) ou LGIM (-2,5 milliards).
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