Ninepoint Partners lance un son premier ETF aux Etats-Unis
Ninepoint Partners a annoncé le lancement du Ninepoint North American Energy Independence ETF (« ENRG ») coté sur le NYSE Arca. Il s’agit du premier ETF de Ninepoint coté aux États-Unis.
Le fonds, dont les frais de gestion s'élèvent à 0,65%, offre une exposition à un portefeuille d’entreprises que le gestionnaire estime bien positionnées pour répondre à la demande énergétique croissante de l’Amérique du Nord.
Le fonds structure son portefeuille autour de quatre segments complémentaires du système énergétique nord-américain : l’approvisionnement en énergie (producteurs de pétrole et de gaz), le transport d'énergie (pipelines et infrastructures reliant zones de production et marchés), l’alimentation de base fiable (entreprises nucléaires et d’uranium soutenant une électricité disponible en continu), et les intrants de l'électrification (cuivre et minéraux critiques nécessaires aux réseaux, aux data centers et aux infrastructures énergétiques).
Ce lancement intervient à un moment où la question de la souveraineté énergétique s’impose comme un enjeu stratégique de premier plan, porté par la convergence de plusieurs dynamiques structurelles.
L’IA et les data centers
La révolution de l’intelligence artificielle redessine en profondeur la courbe de la demande électrique mondiale. Selon l’Agence internationale de l'énergie (AIE), la demande électrique mondiale des data centers a progressé de 17% en 2025, conformément aux projections de l’agence, tandis que la consommation électrique des data centers dédiés à l’IA a bondi de 50% sur la même période.
Plus largement, la demande électrique des économies avancées devrait connaître, sur la période 2026-2030, une croissance annuelle moyenne de 50% supérieure à celle enregistrée durant la décennie précédente, sous l’effet combiné des data centers, des véhicules électriques, de la climatisation et des pompes à chaleur.
Cette accélération de la demande transforme la disponibilité de l'énergie en variable stratégique de premier ordre pour les économies avancées.
La fragmentation géopolitique
Ce choc de demande survient dans un contexte de fragmentation géopolitique croissante, qui redonne une valeur stratégique aux chaînes d’approvisionnement énergétiques et aux matériaux critiques.
Le conflit en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que la volonté de nombreux pays de réduire leur dépendance à des fournisseurs jugés instables ou hostiles, poussent les États à repenser leur sécurité énergétique en termes de proximité géographique et de fiabilité des partenaires, plutôt que de seul optimum économique.
Dans ce contexte, l’intégration énergétique nord-américaine, construite depuis des décennies entre le Canada et les États-Unis, apparaît comme un atout structurel.
Une interdépendance énergétique profonde
Selon l’Energy Information Administration (EIA) du gouvernement américain, les importations américaines de pétrole brut en provenance du Canada ont atteint en moyenne 3,9 millions de barils par jour en 2025, soit 60% des importations de pétrole brut américaines.
Si le Canada exporte massivement du brut et du gaz naturel brut vers les États-Unis, ces derniers lui renvoient en retour des produits raffinés. Les exportations américaines de produits pétroliers (essence, diesel, etc.) vers le Canada ont atteint 504 000 barils par jour en 2025, en hausse de 6% sur un an, pour une valeur de 13,4 milliards de dollars.
Le Canada fournit également la quasi-totalité des importations américaines de gaz naturel acheminé par pipeline. De plus, 86 lignes électriques internationales transportent l’électricité entre les provinces et les États américains. Le Canada était la source de 81,3 % de l’électricité importée par les États-Unis en 2025.
Au-delà des hydrocarbures, l’interdépendance canado-américaine s'étend aux matériaux qui conditionnent la transition électrique et la fiabilité du réseau.
Selon les données 2025 de Ressources naturelles Canada, les exportations canadiennes de minéraux critiques ont atteint 49,4 milliards de dollars canadiens, menées par l’aluminium, le cuivre, la potasse, le nickel, l’uranium et le zinc, dont plus de la moitié à destination des États-Unis.
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