Les gestionnaires attendent toujours la consolidation des marchés actions
Voyage vers une terre inconnue… Quelles prévisions établir alors que le CAC 40, le S&P 500 et le Nikkei caracolent de record en record ? Les 18 gérants du Panel Actions interrogés par L’Agefi du 20 au 29 février 2024 ont pour la plupart relevé leurs objectifs, toutefois en ordre très dispersé. Fait notable, Lazard, très pessimiste a drastiquement relevé ses objectifs sur tous les indices. Il reste néanmoins l’un des panélistes les plus prudents.
Même en rehaussant leurs cibles, les gestions n’ont pas anticipé la forte accélération du mois de février : +3,5% sur le CAC 40, +4,9% sur l’EuroStoxx 50, +5,2% sur le S&P 500 et +7,9% sur le Nikkei. «L’environnement économique mondial est plutôt encourageant en dépit des risques toujours existants et d’un timing incertain de baisse de l’inflation, note Amplegest. Ajoutons à cela une campagne de publication de résultats des entreprises globalement positive, surtout aux Etats-Unis, et nous avons un terreau favorable pour les marchés financiers, particulièrement les actions.»
Désormais, le Panel Actions anticipe un recul de 2,3% du CAC 40 d’ici à la fin août, mais un léger rebond de 2,1% sur un an. Lazard estime néanmoins que la place parisienne perdra plus de 5% sur les douze prochains mois. En revanche, Federal Finance Gestion et Groupama AM misent sur une progression de près de 6% sur l’année.
Mêmes tendances sur l’EuroStoxx 50, qui devrait perdre 3,4% en six mois, mais gagner 1,2% sur un an. Lazard table sur une baisse de 6%, et Axa IM, Carmignac et State Street GA de 4%, tandis que Federal Finance gestion mise sur un gain de plus de 6%, suivi de près par Auris Gestion et Groupama AM.
De l’autre côté de l’Atlantique, Wall Street pourrait perdre 3% d’ici à la fin de l’été et grappiller 2% sur un an. Lazard anticipe une baisse de 8% du S&P 500, quand Crédit Mutuel AM lui donne un potentiel de plus de 11% à un an.
En revanche, le bond de près de 20% de la Bourse japonaise depuis le début de l’année semble inquiéter les panélistes. Ils anticipent une baisse de 4,9% à six mois, réduite à 0,8% sur un an. Pour State Street GA, la chute pourrait même être de plus de 12% sur un an, tandis qu’Amplegest et Groupama AM espère un gain supplémentaire de 6%. Un marché japonais qui intéresse de plus en plus les investisseurs internationaux. Un intérêt, «notamment soutenu par la croissance bénéficiaire des entreprises japonaises qui devrait persister, portée par la hausse des prix», notait récemment OFI Invest AM. «Nous sommes optimistes quant à la durabilité de la performance des actions japonaises, écrit pour sa part Invesco. La valorisation de l’ensemble des actions japonaises reste raisonnable.» Sans compter le soutien de la réforme en cours de la Bourse de Tokyo et des modifications du système de compte d’épargne individuel nippon, encouragent les particuliers à investir dans des actions, poursuit OFI Invest AM.
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