Le segment des ETF small caps se renforce face au besoin de diversification
Avec moins de 40 milliards d’euros d’encours, sur un total de quelque 2.000 milliards pour les ETF actions, le marché européen des ETF dédiés aux petites capitalisations est un segment de niche. Mais il intéresse les gérants, notamment ceux de gestion active. Le nombre de produits est ainsi passé de 57 à 75 entre 2024 et 2026, dont sept lancements d’ETF actifs, selon les données de Trackinsight.
En septembre dernier, Fidelity International avait choisi cette classe d’actifs pour son premier ETF actif semi-transparent, le Fidelity US Fundamental Small-Mid Cap UCITS ETF (ISIN : IE000PNL0242). Fin janvier, c’est State Street qui a élargi sa gamme « enhanced » avec le State Street World Small Cap Enhanced Active Equity UCITS ETF (ISIN : IE000F2IX674). Plus récemment encore – et non comptabilisé dans les chiffres de Trackinsight –, Robeco a sauté le pas avec son Robeco NextGen Global Small-Cap Equity UCITS ETF (ISIN : IE000OHXGWO8). « Le marché des small cap est un domaine dans lequel la gestion active peut réellement créer de la valeur, souligne à L’Agefi Nick King, responsable des ETF chez Robeco. C’est un univers très large, avec plus de 3.800 titres pour l’indice mondial. Il est beaucoup moins bien couvert que celui des grandes capitalisations, ce qui signifie que le marché est moins efficient. » Pour palier cette problématique de couverture, le gérant néerlandais a choisi de faire appel à son équipe quantitative, qui a développé pour cet ETF un modèle à base de machine learning.
Cet intérêt des fournisseurs d’ETF pour la classe d’actifs s’explique aussi par ses atouts en matière de diversification des portefeuilles. « Les small caps sont un bon palliatif à la concentration actuelle des marchés, tout comme les ETF equal weight », souligne Arnaud Gihan, responsable de la distribution en France chez BlackRock, qui gère le plus gros ETF – passif – du segment : l’iShares MSCI World Small Cap UCITS ETF (ISIN : IE00BF4RFH31) et ses quelque 7 milliards d’euros d’encours. « Elles se situent à des stades de développement très différents des grandes capitalisations et sont donc exposées à d’autres moteurs de performance », abonde Nick King.
Mais c’est aussi un marché plus volatile, en témoignent les flux de collecte. Depuis le début de l’année (chiffres arrêtés au 12 mars), les souscriptions sont très soutenues, à 3,8 milliards d’euros selon Trackinsight. Mais le segment était dans le rouge en 2025, avec 140 millions de rachats nets. Le résultat d’un double mouvement de forte collecte sur les petites capitalisations européennes et mondiales mais de sorties tout aussi importantes sur leurs homologues américaines : les ETF sur le Russell 2000 avaient par exemple souffert de rachats à hauteur de 1,4 milliard. Les turbulences causées par la guerre en Iran pourraient à nouveau déstabiliser la classe d’actifs, très sensible aux hausses de taux notamment.
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