«La hausse attendue de 5% des bénéfices en 2024 semble réalisable»
L’Agefi : Voyez-vous une plus-value potentielle sur les marchés d’actions dans les six prochains mois ?
Laurent Denize : Sous la pression croissante du marché des obligations souveraines, les marchés d’actions mondiaux ont considérablement corrigé depuis juillet, affichant aujourd’hui une baisse de 10%. Le ratio cours/bénéfices P/E de l’EuroStoxx s'établit désormais à 11 fois les bénéfices 2024, ce qui est inférieur aux moyennes historiques. Après la récente dépréciation des actions à multiples élevés, principalement en raison de préoccupations liées à la prime de risque, nous privilégions les valeurs de qualité, tout en gardant un biais pour les grandes capitalisations, dont le positionnement semble désormais beaucoup plus sain après cette correction. Nous restons prudents sur les valeurs cycliques, même si dans le segment «value», le secteur du pétrole et du gaz semble à ces niveaux de valorisation toujours une protection intéressante en cas de turbulences croissantes au Moyen-Orient.
Ne craignez-vous pas des déceptions lors de la publication des résultats du troisième trimestre?
La publication des résultats du troisième trimestre ne commence pas très bien en Europe, avec globalement des révisions à la baisse des bénéfices jusqu'à présent (la plupart des entreprises n’ont pas encore publié leurs résultats). Toutefois, malgré l’incertitude accrue, les attentes à moyen terme sont assez modérées en moyenne, avec des bénéfices qui devraient encore augmenter de 5% l’année prochaine, ce qui semble réalisable. La situation est tout à fait différente pour les moyennes et petites capitalisations, pour lesquelles les analystes prévoient toujours une croissance des bénéfices par action proche de 15%, ce qui pourrait s’avérer trop optimiste en cas de ralentissement de la croissance dans la zone euro, dans un contexte de coût du capital plus élevé.
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