La compétition se poursuit dans les ETF
La popularité des ETF auprès des investisseurs ne se dément pas, et la pression compétitive reste forte sur ce segment. Si le rythme des nouveaux lancements de produits a légèrement ralenti l’année dernière, il demeure élevé à plus de 200 en 2016, d’après Bloomberg Intelligence. Signe de maturation du marché, les fermetures se font toutefois plus communes, note Morningstar, avec un mouvement de rationalisation des gammes. Pour rester compétitifs, les fournisseurs sont contraints à réévaluer régulièrement leurs structures de coûts, à l’instar de Deutsche AM, qui a annoncé hier, à l’occasion des dix ans de sa plate-forme db X-trackers, une réduction des frais de gestion sur 28 ETF de sa gamme. Mais la compétition ne se porte plus uniquement sur les prix mais également sur le type de produit proposé, avec notamment l’avènement des ETF «smart bêta», dont Fidelity a lancé deux déclinaisons européennes hier.
Fidéliser les clients
«A l’occasion des dix ans de notre plate-forme ETF, nous avons décidé de réduire les frais de gestion afin de remercier les investisseurs de leur soutien et de leur fidélité», explique Houda Ennebati, responsable db X-trackers France chez Deutsche AM. «C’est également lié au passage à la réplication physique et aux performances améliorées sur ces produit», ajoute-t-elle, «l’objectif n’est pas tant d’attirer de nouveaux encours que de fidéliser des clients».
Hortense Bioy, directrice de la recherche sur les fonds passifs chez Morningstar, confirme que les nouveaux frais ne sont pas particulièrement compétitifs. «Deutsche s’aligne sur ce qu’il se fait ailleurs, mais le prix n’est pas le seul facteur», observe-t-elle. «La performance est probablement plus importante, même si les frais restent ce qu’il y a de plus visible».
D’après une étude EY, entre juin 2014 et juin 2016 les frais moyens se sont tassés de 0,33% à 0,28%, avec notamment une baisse de 0,31% à 0,27% sur les sous-jacents actions. Si la pression continue, le différentiel entre fournisseurs est moindre, poussant les investisseurs à s’intéresser aux performances offertes. D’autant que la pression sur les coûts pourrait diminuer à l’avenir. «La base de coûts pour les fournisseurs d’ETF est de plus en plus importante, la pression sur les prix ne va pas se poursuivre indéfiniment», avance ainsi Houda Ennebati, citant le coût de la digitalisation des plates-formes et du reporting de plus en plus détaillé faisant pression sur les marges.
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