ETF, une tendance chasse l’autre
Dans l’écosystème de la gestion plus qu’ailleurs, les thèmes d’investissements changent au gré de l’appétit de leurs investisseurs. Une « volatilité » particulièrement spécifique à l’industrie des ETF (Exchange traded funds) contrainte à l’innovation.
Pour s’en convaincre, dans son dernier rapport trimestriel à fin mars 2025 qui vient de paraître Europe Open-End and ETF Flows, Morningstar établit notamment que les fonds cotés européens et les ETC (Exchange-Traded Commodities) affichent certes un record au premier trimestre avec 91 milliards d’euros d’entrées, mais que derrière ce chiffre mirifique, la réalité doit être nuancée. Les approches thématiques n’ont plus les faveurs des investisseurs qu’elles soient portées par les fonds non listés ou les ETF. Dans l’ensemble, les fonds thématiques ont connu des difficultés récemment, perdant 72 milliards d’euros depuis juin 2023. Les véhicules axés sur du monde physique (notamment la transition énergétique, l’alimentation, les transports et la gestion des ressources) ont systématiquement enregistré les plus fortes sorties de capitaux au cours des 18 derniers mois. En revanche un nouveau thème a fait carton plein : celui axé sur facteurs sociaux (la démographie, la politique, la sécurité et le bien-être) qui a enregistré une hausse de 2,2 milliards d’euros de flux au cours du premier trimestre 2025.
Parmi ces derniers, le sous-thème de la Défense a particulièrement alimenté le marché. Si le fonds non coté Pictet-Security (5,1 milliards d’euros sous gestion) lancé en octobre 2006, a perdu plus de 100 millions d’euros au premier trimestre, Van Eck Defense (3,7 milliards d’actifs sous gestion), un ETF lancé en mars 2023, a engrangé plus de 1,5 milliard d’euros de flux de souscription sur la même période. Selon Morninsgtar, les investisseurs ont réagi à l’annonce d’un projet de plan de dépenses de 1.000 milliards d’euros pour les infrastructures et la défense en Allemagne, ainsi qu'à l’annonce par le gouvernement britannique d’une augmentation des dépenses de défense pouvant atteindre 2,5 % du PIB d’ici 2027. Alors que d’autres pays européens s’empressent d’augmenter leurs budgets de défense, cette tendance devrait se poursuivre.
Fléchissement
À contre-courant, les ETF gérés activement font un peu moins bien qu’auparavant en début d’année. Alors qu’ils avaient collecté 6,5 milliards d’euros au quatrième trimestre 2024, ils ne rassemblent « que » 4,4 milliards d’euros entre janvier et mars de cette année. Un recul qui s’explique par une forte baisse des souscriptions vers les actions américaines, qui représentent 25 % des encours des ETF actifs en Europe.
Goldman Sachs et Jupiter ont fait leur entrée sur le marché européen des ETF actifs au premier trimestre. J.P. Morgan demeure le leader incontesté de ce segment avec une part de marché de 54,7 %, suivi de Fidelity avec 10,8 % et d’Amundi qui pèse 9 %. Les encours européens des ETF actifs ont atteint 55 milliards d’euros, en mars, contre 52,4 milliards d’euros fin 2024, et représentent 2,5 % de l’ensemble des actifs des ETF en Europe.
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