Depuis fin 2023, les investisseurs privilégient les ETF climatiques les moins ambitieux
Les ETF répliquant des indices Paris-aligned benchmark (PAB) souffrent de rachats, au profit des Climate transition benchmark (CTB), dont les critères de décarbonation sont moins contraignants.
Depuis de nombreux mois, le contexte de marché est moins porteur pour les approches extra-financières les plus puristes et le marché des ETF sur la thématique du climat en est l’illustration. Selon les données de Trackinsight, les véhicules qui répliquent les indices bénéficiant du label européen « Paris-aligned benchmark » (PAB) enregistrent des sorties nettes depuis le mois de décembre, pour un total de plus de 1,1 milliard d’euros.
C’est un changement de tendance clair pour ce segment qui, en un peu moins de quatre ans d’existence, a réussi à attirer un encours de 44 milliards d’euros – soit plus d’un dixième du marché des ETF ESG européen – grâce à ses critères stricts : une réduction immédiate de 50 % de l’empreinte carbone de l’indice par rapport à l’univers de départ, une baisse supplémentaire de 7 % d’une année sur l’autre et une série d’exclusions sectorielles, notamment en matière d’énergies fossiles.
Des contraintes qui impliquent des biais sectoriels marqués et donc, un écart de performance par rapport aux indices traditionnels (« tracking error ») de plus en plus visible. Cette prise de conscience semble faire évoluer la manière dont les investisseurs utilisent ces ETF climatiques. « On perçoit un changement de la part des clients face à la problématique de la «tracking error», confirme Lorraine Sereyjol-Garros, responsable du développement des ETF et solutions indicielles chez BNP Paribas Asset Management. Ils sont de plus en plus nombreux à nous dire que les indices PAB sont peut-être un peu restrictifs et qu’ils préfèrent se tourner vers les indices CTB (« Climate transition benchmark ») pour contribuer à la transition mais avec moins d’impact sur la «tracking error». »
En effet, les contraintes de ce second label européen sont plus souples : même si la trajectoire de décarbonation de 7 % par an demeure, il n’y a pas d’exclusions obligatoires et la réduction initiale de l’empreinte n’est que de 30 %.
Ce regain d’intérêt se constate d’ores et déjà dans les chiffres de collecte : toujours selon les données de Trackinsight, les ETF CTB ont connu d’importantes souscriptions depuis décembre notamment (2,7 milliards d’euros), qui viennent donc plus que compenser les sorties sur les véhicules PAB. En février, en particulier, près de 2 milliards d’euros ont afflué vers les ETF CTB, dont l’encours frôle désormais les 15 milliards d’euros.
C’est en tout cas un nouvel enjeu pour les fournisseurs d’ETF dans le pilotage de leur gamme : le marché européen ne compte encore que 32 ETF CTB, contre 171 pour leurs équivalents PAB.
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