Crise au Moyen-Orient : la collecte européenne des ETF accuse le coup
Le haut degré d’incertitude qui entoure la situation au Moyen-Orient en général et au détroit d’Ormuz en particulier, laisse des traces sur le marché européen des ETF. Si la première semaine du conflit, les flux restaient relativement solides (6,2 milliards d’euros selon Trackinsight), ils se sont largement taris la semaine dernière : en net, la collecte ne dépasse pas 600 millions d’euros. Autant dire l’épaisseur du trait dans un marché de près de 3.000 milliards.
Mais cette apathie n’est qu’apparente. D’importantes réallocations ont été menées entre le 9 et le 13 avril, en particulier sur le segment des actions. Les véhicules adossés aux actions des pays développés et des Etats-Unis ont enregistré respectivement 1,2 et 1 milliard d’euros de rachats. Ce sont les actions mondiales les plus diversifiées (y compris les économies émergentes) qui tirent leur épingle du jeu, avec 2,5 milliards de souscriptions. Les fonds cotés sur les actions de la zone euro et la Suisse ressortent également dans le vert, avec respectivement 1 milliard et 835 millions d’euros de flux entrants. En termes sectoriel, les valeurs financières souffrent, quant à elles, d’une véritable hémorragie, avec plus de 2 milliards d’euros de rachats en une seule semaine dans un contexte auquel s’ajoute les inquiétudes sur leurs expositions à la dette privée.
Retraits de la dette émergente
Le marché des ETF obligataires est, de son côté, dans le rouge depuis le début du conflit. Après 1,3 milliard d’euros de décollecte la première semaine, il perd encore quelque 150 millions la semaine dernière. En cause, le retrait rapide des investisseurs d’une des classes d’actifs phare de ces derniers mois : la dette émergente. Pénalisée par le renforcement du dollar et les craintes d’un choc pétrolier, cette dernière subit 1,1 milliard de rachats nets la semaine dernière. Les flux vers les émetteurs investment grade (800 millions au total) ne sont pas suffisants pour compenser ces sorties.
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L’appétit pour les produits adossés aux matières premières, enfin, s’avère contrasté. Les ETP sur l’or, malgré une performance terne pour un actif refuge (-0,18 % depuis le début du mois), attirent encore – quoique modestement – les investisseurs : ces derniers y ont alloué 245 millions la semaine dernière, après 574 millions la précédente. En revanche, l’envolée des cours du brut n’a eu qu’un effet très éphémère sur la collecte des ETP adossés au baril de pétrole, un micromarché de 2,7 milliards d’euros d’encours : après 150 millions d’euros de souscriptions la première semaine, ils ont pâti de 385 millions de rachats la seconde.
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