Un groupe de gestionnaires d’actifs détenteurs d’obligations souveraines de l'état argentin a rejeté le plan de restructuration de la dette soumis par les autorités du pays le 17 avril. Ce plan prévoyait une baisse de 62% du paiement desintérêts et de 5,4% du taux principal ainsi qu’un report des paiements à 2023. La proposition visait à éviter à l’Argentine le décaissement d’environ 40milliards de dollars (36,8Md€) au cours destrois prochaines années. Le groupe d’investisseurs, qui détient plus de 25% des obligations souveraines argentinesémises après 2016 et plus de 15% des obligations «Exchange» du pays, est représenté par le cabinet d’avocats White & Case LLP. Il inclut notamment les gestionnaires suivants: AllianceBernstein, Amundi, Ashmore, BlackRock, BlueBay, Fidelity, T. Rowe Price, Western Asset Management et Wellington Management. Si le groupe est enclin à donner un peu d’air au gouvernement argentin, entre autres pour que celui-ciimplémente des initiatives visant à restaurer l'économie locale, il a indiqué ne pas accepter les termes définis dans le plan du gouvernement argentin. «De façon regrettable, et ce malgré les efforts du groupe et d’autres investisseurs, les propositions contenues dans le communiqué de presse publié récemment ne sont pas celles que le groupe peut ou pourra soutenir. Le groupe estime que toutes les parties prenantes en Argentine doivent contribuer à une solution qui permettra de mettre l’Argentine sur le chemin de la croissance durable et de la stabilité financière. Cependant, les propositions sont insuffisantes et visent à placer une partie disproportionnée des efforts d’ajustement de long-terme de l’Argentine sur les épaules d’investisseurs obligatairesinternationaux», a précisé le groupe dans un communiqué lundi. Les gestionnaires concernés se sont néanmoins dits prêts à continuer le processus de négociation pour trouver une solution «constructive et pragmatique». La dette argentine s'élève à près de310 milliards de dollars, soit environ 90% de son PIB. Ce montant inclut 177 milliards de dette libellée en dollars, 65 milliards de dette libellée dans d’autres devises étrangères et 67 milliards de dette libellée en devise locale.