Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont encore diminué aux Etats-Unis lors de la semaine au 15 mai, à 444.000 contre 478.000 (révisé) la semaine précédente, revenant ainsi à leur plus bas niveau depuis la mi-mars 2020, a annoncé jeudi le département du Travail. Les économistes attendaient en moyenne un recul à 450.000 après les 473.000 inscriptions annoncées initialement pour la semaine au 8 mai. La moyenne mobile sur quatre semaines s'établit en baisse à 504.750 contre 535.250 (révisé) la semaine précédente.
Signe que c’est le débat du moment, la Banque centrale européenne (BCE) a lancé mercredi un outil pédagogique sur l’inflation. Disponible en 23 langues, ce site proposé par la BCE explique ce qu’est l’inflation, comment elle est mesurée et quelles sont les différences entre l’inflation perçue et réelle.
L’autorité britannique de la concurrence, la Competition and Markets Authority (CMA), a annoncé jeudi avoir autorisé définitivement le projet de fusion entre les opérateurs télécoms Virgin Media et O2, respectivement filiales de Liberty Global et Telefonica. La CMA avait déjà rendu de façon préliminaire une décision favorable sur cette opération le mois dernier. L’autorité a conclu, à l’issue d’une enquête approfondie, que la transaction ne nuirait pas à la concurrence au Royaume-Uni. Elle devrait donc être bouclée d’ici au 1er juin.
Accor annonce ce jeudi 20 mai son intention de sponsoriser un Spac, Accor Acquisition Company (AAC), qui sera coté sur Euronext Paris. L’objectif d’AAC est de lever environ 300 millions d’euros. L’investissement initial de Accor dans cette nouvelle entité sera «non significatif», indique un communiqué. À travers la création d’AAC, Accor veut «améliorer encore son offre à destination des propriétaires et des clients du groupe». Il s’agira concrètement de leur proposer des services et des marques additionnelles de qualité et reconnus dans l’un des cinq secteurs d’activité connexes à son cœur de métier hôtelier que sont la restauration (Food & Beverage), le flex office, le bien-être, le divertissement et l’événementiel et les technologies liées à l’hôtellerie. La société qui sera acquise par AAC bénéficiera du réseau, de la taille et de la présence mondiale d’Accor. La direction générale d’AAC sera assurée par Amir Nahai.
Les Assurances du Crédit Mutuel et Crédit Mutuel Asset Management s’abstiendront sur la résolution 14, relative à la stratégie climat de l’entreprise Total, que cette dernière proposera lors de son assemblée générale du 28mai, indique un communiqué diffusé mercredi. Si cette résolution marque des «évolutions positives», dont «l’implication de la communauté actionnariale» et «l’acceptation d’engagements pour toutes les activités de Total», le Crédit Mutuel souligne que son abstention «vaut exigence pour la suite du processus». Celui-ci doit notamment «conduire très rapidement à la réduction de la production de pétrole et l’arrêt de l’activité d’exploration de nouveaux champs pétroliers» et «la définition d’objectifs intermédiaires pour assurer la crédibilité des objectifs 2050», indique-t-il.
Les actions de Spac et les sociétés qu’elles ont introduites en Bourse dégringolent, punissant les investisseurs individuels qui se sont engouffrés dans ce secteur autrefois très populaire, rapporte le Wall Street Journal. L’ETF Defiance Next Gen SPAC Derived, qui suit les sociétés qui sont entrées en Bourse par le biais de Spac ainsi que les Spac qui n’ont pas encore réalisé d’opération, a perdu environ 30 % ces trois derniers mois et a touché récemment son point le plus bas en six mois. Les entreprises populaires liées au secteur, comme la société de batteries pour voitures électriques QuantumScape et la société de tourisme spatial Virgin Galactic Holdings ont perdu 50 % ou plus au cours de cette période. Les Spac qui cotent des entreprises spectaculaires telles que la startup de voitures électriques Lucid Motors et la société de financement personnel Social Finance ont également été malmenés. Ce retournement se produit alors que les investisseurs se retirent des valeurs technologiques, craignant que la hausse de l’inflation n’oblige la Federal Reserve à mettre fin à sa politique monétaire accommodante plus rapidement que prévu. Ces inquiétudes rendent les paris sur les entreprises à croissance rapide moins attrayants. Les sociétés liées aux Spac ont été parmi les plus touchées, d’autant que les autorités réglementaires renforcent leur surveillance de ces sociétés de chèque en blanc.
Plusieurs sociétés de hedge funds ont récemment pris des mesures pour augmenter leurs investissements dans les sociétés non cotées, observe le Wall Street Journal. C’est le cas de Viking Global Investors, Maverick Capital, Lone Pine Capital. Viking cherche à lever 1 milliard de dollars auprès d’investisseurs pour son premier fonds dédié au private equity, selon des clients potentiels. Le nouveau fonds doit être bouclé le 1er octobre. Maverick a annoncé à ses investisseurs qu’il prévoyait de lancer un fonds croissance «late stage». Lone Pine augmente de 5 % à 15 % la part que ses hedge funds et fonds peuvent investir dans le non coté. Flight Deck Capital, un fonds lancé en mai par Jay Kahn avec 250 millions de dollars, a la possibilité d’investir un quart de ses encours dans des entreprises non cotées.
Accor a annoncé ce jeudi son intention de sponsoriser un véhicule d’investissement (Special purpose acquisition company, Spac) baptisé Accor Acquisition Company (AAC) qui sera coté sur Euronext Paris et dont l’objectif sera de lever environ 300 millions d’euros pour réaliser une opération de croissance externe.
Le groupe d’hydrocarbures italien Eni et son homologue britannique BP ont signé mercredi un protocole d’accord non contraignant afin d'étudier un possible rapprochement de leurs portefeuilles amont en Angola au sein d’une nouvelle coentreprise. Eni a ajouté que cette société regrouperait tous les intérêts des deux groupes dans le domaine du pétrole, du gaz et du gaz naturel liquéfié en Angola. Eni et BP ont informé le gouvernement angolais de leur intention et ont mandaté des conseillers pour les aider à trouver des financements pour ce projet. Toute transaction sera soumise à l’approbation des autorités compétentes.
L’action Advanced Micro Devices (AMD) est monté mercredi dans un marché en fort repli après que le conseil d’administration du fabricant de puces a annoncé qu’il avait autorisé un nouveau programme de rachats d’actions de 4 milliards de dollars (3,30 milliards d’euros). «Nos solides résultats financiers et la génération croissante de liquidités nous permettent d’investir dans l’entreprise et de commencer à redistribuer des fonds à nos actionnaires», a déclaré Lisa Su, directrice générale d’AMD, citée dans un communiqué. La société a précisé que le programme n'était pas limité dans le temps. Le titre avançait mercredi de 1,57%, à 75,6 dollars. L’action AMD a clôturé à un sommet historique de 97,25 dollars le 11 janvier, et s’inscrit en baisse de 17% depuis le début de l’année.
L’inflation britannique a plus que doublé en avril pour s'établir à 1,5% sur un an, contre 0,7% en mars, selon l’Office national de la statistique (ONS). Les économistes tablaient sur une inflation de 1,4%. Des hausses de prix dans l'électricité, le gaz et l’habillement ont contribué à faire grimper les prix à la consommation. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l'énergie et d’autres éléments volatils, a augmenté de 1,3% au cours de la période de 12 mois se terminant en avril, selon l’ONS. La Banque d’Angleterre (BoE) estime que le Royaume-Uni s’apprête à dépasser son objectif d’inflation de 2% et devrait atteindre 2,5% fin 2021.
La Banque du Japon (BoJ) prolongera si nécessaire son programme de soutien lié à la pandémie au-delà de la date-butoir de septembre, a indiqué mercredi Haruhiko Kuroda. Le gouverneur de la BoJ a précisé que la troisième économie mondiale reste sur la voie de la reprise, la solidité des exportations et des profits des entreprises permettant de compenser la faiblesse de la consommation mais il a averti qu’il existe une incertitude élevée sur le rythme du déploiement de la campagne de vaccination, ce qui pourrait induire un effet négatif plus long que prévu sur l'économie. Le pays lutte actuellement contre un regain de contaminations qui a contraint les autorités à prolonger l’état d’urgence et pèse sur l'économie.
Une levée des sanctions américaines contre l’entreprise chargée du projet de gazoduc Nord Stream 2 faciliterait une normalisation des relations entre la Russie et les Etats-Unis, a déclaré mercredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, cité par Interfax. Le site d’informations américain Axios a rapporté que Washington se préparait à lever les sanctions contre Nord Stream 2 AG, l’entreprise chargée de ce projet de gazoduc entre la Russie et l’Allemagne. Le groupe gazier russe Gazprom, qui finance le projet, et ses partenaires occidentaux ont quasiment terminé la construction de ce gazoduc.
La réouverture des terrasses est l’événement de la semaine… suivi, pour les Parisiens férus d’art et de patrimoine, par celle de la Bourse de Commerce. Revisité par l’architecte japonais Tadao Ando, l’édifice circulaire situé dans le quartier des Halles accueillera enfin, le 22 mai, le grand public après des années de travaux. L’aboutissement d’un projet cher au cœur de François Pinault, qui y expose une partie de sa riche collection d’œuvres. Paris, propriétaire des murs de cette ancienne halle au blé, aura ainsi son premier musée intégralement dédié à l’art contemporain, au terme de travaux dont le coût, estimé à 160 millions d’euros, a été assumé par le milliardaire et d’autres fonds privés.
Pendant près de quinze ans, les monétaristes ont crié au loup de l’inflation, pour être à chaque fois démentis par les faits. Pour la première fois, à la faveur de hausses de prix supérieures aux attentes, les voilà revigorés. Inflation transitoire ou en transit vers un nouveau régime fermant le chapitre désinflationniste des quarante dernières années, c’est la question qui obsède aujourd’hui économistes et investisseurs.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais : selon une analyse de Bloomberg, seul un quart des investissements des membres du Conseil des gouverneurs et du Conseil de supervision de la Banque centrale européenne (BCE) prennent en compte les critères environnementaux et de durabilité. Heureusement que ces hauts fonctionnaires avaient promis d’intégrer ces questions dans leurs portefeuilles personnels, car on n’ose imaginer ce qu’auraient été les résultats autrement. L’analyse ne vient en tout cas pas faciliter le travail de la BCE, qui a déjà suffisamment à faire pour convaincre de l’intérêt d’associer questions climatiques et monétaires sans avoir à se compliquer elle-même la tâche…
Warren Buffett (photo) le répétera tant qu’il le faudra : jamais il ne scindera l’action de Berkshire Hathaway. Un prix trop bas attirerait les petits investisseurs, grégaires et court-termistes. Ce serait pourtant le moment d’y penser : le prix de l’action est tellement élevé, à plus de 420.000 dollars, que les ordinateurs du Nasdaq ne pourront bientôt plus l’afficher correctement. Une histoire de stockage puisque 32 bits de mémoire enregistrent le cours de Bourse à quatre décimales près, qui ne peut donc dépasser 2 à la puissance 32 – soit 429.496,7296. Qui aurait pu prévoir que le cours s’envolerait si haut, quand la deuxième action la plus onéreuse cote à 5.100 dollars ? Warren, sans doute, qui signe les cartes d’anniversaire avec le mot : « Puissiez-vous vivre jusqu’à ce que l’action Berkshire soit scindée. »
La part des impôts sur les successions et les donations ne représente que 0,53 % des recettes fiscales des 24 pays de l’OCDE qui y ont recours. Trop peu, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques, qui prône une réforme de ces impôts mités par les allègements et les exonérations au nom de l’équité, l’héritage occupant une part croissante depuis le milieu des années 70 dans le patrimoine, notamment en France. Dans l’Hexagone, où le niveau des prélèvements est élevé et où la part des impôts sur les successions approche 1,4 % des recettes fiscales, les propositions de l’OCDE devraient être accueillies fraîchement. Fin mars, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire s’est au contraire dit prêt à un geste pour favoriser les petites donations à destination des jeunes, une idée loin de faire l’unanimité au sein même de la majorité.
Plébiscite. Carbios a battu un record de levée de fonds à la Bourse de Paris. La société de recyclage de plastiques a levé 114 millions d’euros sur Euronext Growth, le marché non réglementé de la place parisienne, du jamais vu. Carbios aurait même pu doubler cette levée de fonds tant la demande des investisseurs, notamment étrangers, a été forte. Avec un flottant de 81 %, la société créée par le fonds Truffle accueille à cette occasion le groupe L’Occitane, qui détient 2,36 % et rejoint au tour de table de grands corporates comme L’Oréal (5,91 %) – via son fonds d’investissement – ou Michelin Ventures (4,36 %). Le produit de cette augmentation de capital servira essentiellement à financer la construction d’une usine de référence qui vise une capacité de production de 40.000 tonnes par an. Le pool de banques ayant mené l’opération était composé de JPMorgan, BNP Paribas, Oddo BHF, Bryan Garnier et Natixis.
Long de 9.000 kilomètres, le premier réseau d’oléoducs des Etats-Unis a été bloqué près d’une semaine par une cyberattaque : un virus informatique est en passe de ravir la vedette au coronavirus ! Les pirates auraient obtenu de Pipeline Colonial une rançon de 5 millions de dollars au bout de quelques jours, après avoir déclenché une hausse record des prix du carburant dans tout le pays de la voiture reine, semé la panique sur la côte est où la population a essayé de faire des réserves pendant que les spéculateurs s’en donnaient à cœur joie.
Moyen terme. L’inflation liée aux délais d’approvisionnement n’est-elle que temporaire ? L’Institute of International Finance estime que non. Plus des deux tiers des économies connaissent des tensions d’approvisionnement depuis mars, et la hausse du prix des matières premières semble s’accompagner d’une remontée équivalente du prix des produits finis. Ainsi, si seules les entreprises américaines avaient rehaussé le prix de leurs produits finis en mars, la plupart des pays de la zone euro et émergents ont vu, en avril, un mouvement similaire de renchérissement des biens transformés, lié à l’augmentation des délais de livraison. La situation est d’autant plus nouvelle qu’à la différence de précédentes hausses de délais, les entreprises semblent anticiper une augmentation durable des matières premières, les poussant à rehausser leurs prix en prévision. Ce rebond vient en tout cas complexifier le travail des banques centrales, déjà bien occupées à séparer effets statistiques et facteurs temporaires de l’inflation sous-jacente. A mesure que la vaccination progresse et que les économies rouvriront, les délais pourraient pourtant aller en s’aggravant : face à une demande en croissance, l’offre deviendrait insuffisante et pèserait durablement sur l’inflation.
Equilibrisme. Les pays de la zone euro ont vu la part des hedge funds dans les investissements en dette syndiquée s’envoler l’an dernier. Ainsi, pour la dernière opération obligataire syndiquée de l’Agence France Trésor (photo), sur un livre d’ordres de 75 milliards d’euros, environ 80 % de ceux-ci provenaient de fonds alternatifs. Certes, ces derniers jouent un rôle clé en apportant de la liquidité : la Banque centrale européenne ne peut acheter de titres sur le marché primaire, ce que les hedge funds exploitent en revendant à la banque centrale les obligations achetées lors de l’émission. Mais ces acteurs anticipent qu’ils ne seront pas totalement servis, et placent des ordres parfois très importants, les retirant brutalement si les conditions ne les satisfont plus. Ainsi, l’Espagne a vu le livre d’ordres pour son émission syndiquée à 10 ans, émise en janvier, fondre de 130 à 55 milliards d’euros suite à un resserrement de la prime d’émission. Autant de raisons qui poussent les institutionnels à limiter la part de ces fonds dans les livres d’ordres, avec modération : les hedge funds absorbent une offre parfois trop abondante pour les investisseurs traditionnels, notamment en période de crise.