En 2015, le marché de l’investissement responsable en France a progressé de 168 milliards d’euros pour atteindre 746 milliards d’euros d’encours, soit une hausse de 29 %, montrent les dernières statistiques publiées par Novethic en partenariat avec le Forum pour l’investissement responsable (FIR). Cette augmentation doit toutefois être relativisée, car environ 80 milliards d’euros viennent de conversions de fonds ou d’actifs. Cela est principalement le fait des assureurs, sachant que cette catégorie d’investisseurs représente les deux tiers du marché, soit 465 milliards d’euros.De fait, le marché de l’ISR reste très largement dominé par les investisseurs institutionnels qui détiennent 90 % des 746 milliards d’euros d’actifs. « Même la dynamique forte de l’épargne salariale ne parvient pas à inverser la tendance », déplore Novethic. Les encours ISR de cette catégorie représentent 22 milliards d’euros. Les acteurs de l’investissement responsable adoptent des approches différentes, mais deux d’entre elles dominent le marché. Celle des « contraintes ESG », qui consiste à geler, limiter ou interdire l’investissement dans les entreprises présentant un profil de risque ESG, ou à imposer aux gérants un seuil minimal de qualité ESG, représente 338 milliards d’euros, tandis que l’approche « sélection ESG », qui vise à choisir les émetteurs présentant les meilleures pratiques ESG, pèse 312 milliards d’euros. Mais quelles que soient ces approches, l’impact des stratégies sur les portefeuilles varie, selon Novethic, qui a donc pour la première fois identifié différentes catégories. Et parmi elles, l’ISR le plus exigeant, appelé « ISR de conviction », constitue 54 milliards d’euros. « Même si cela ne représente que 7 % des encours, il s’agit d’une bonne nouvelle, car cela concerne 29 sociétés de gestion, soit la moitié des acteurs de l’ISR en France », commente Dominique Blanc, directeur de la recherche de Novethic. Parmi ces 29 sociétés, certaines consacrent une faible part de leurs encours seulement à l’ISR de conviction. Mais près de la moitié appliquent ce type de critères sur plus de 90 % de leurs encours ISR. Et sept d’entre elles gèrent plus de 500 millions d’euros de cette façon : Sycomore AM, La Française Inflection Point, Federis GA, Ecofi Investissements, Agicam, Natixis AM et sa filiale Mirova et Generali Investments Europe. Autre motif de satisfaction pour Dominique Blanc, cet ISR de conviction a enregistré une croissance de 26 % au cours de cette année et il semble intéresser les particuliers. En effet, la clientèle de cet ISR est composée de particuliers à hauteur de 23 %, contre 10 % seulement pour l’ensemble du marché. C’est peut-être donc la recette pour attirer les investisseurs individuels sur ce marché…