Le Royaume-Uni «doit perdre le bénéfice du passeport européen pour l’accès aux marchés financiers», réclame l’association Paris Europlace (lire par ailleurs). Or, sans ce sésame qui lui permet d’exporter partout dans l’Union européenne (UE) ses produits et services financiers, Londres risque de perdre son rang de premier centre financier européen, rapporte L’Agefi dans son édition de ce lundi 27 juin. La Banque centrale européenne (BCE) a de son côté prévenu que la question de la localisation du marché de l’euro à Londres se poserait. Bien que restée à l'écart de la monnaie unique, la capitale britannique est non seulement la première place mondiale pour les transactions pour les changes, mais elle est aussi devenue incontournable pour les obligations corporates et souveraines libellées en euro. Par ailleurs, sur un plan plus institutionnel, Londres héberge le siège de l’Autorité bancaire européenne, qui doit déménager. «La City of London Corporation exclut pour sa part que le vote en faveur du Brexit conduise à une remise en cause des règles du jeu actuelles. La Financial Conduct Authority, qui supervise le secteur financier britannique, demande également aux établissements dont elle a la charge de continuer à se préparer aux réglementations européennes qui doivent entrer en vigueur. Un exercice d’autant plus complexe que les règles du jeu ne cessent d'évoluer, comme le montre le débat actuel sur les règles dites de «Bâle 4». Enfin, des délocalisations vers le continent sont prévisibles. S’ils perdent leur passeport européen, les groupes américains, asiatiques et britanniques risquent de devoir trouver une autre porte d’entrée vers le marché unique européen. JPMorgan, Goldman Sachs et la sino-britannique HSBC pourrait quant à elle déménager un millier de personnes de Londres à Paris, sur les 5.000 que compte sa banque de financement et d’investissement (BFI) à Londres. Dans la fébrilité ambiante, Morgan Stanley a démenti vendredi vouloir délocaliser 2.000 salariés basés Outre-Manche.