C’est une chose désormais confirmée :Amundi s’intéresse à l’italien Pioneer.Mais pas à n’importe quel prix.C’est mercredi que la filiale du Crédit Agricole, cotée à Paris depuis l’an dernier, a dû se fendre d’un communiqué pour stopper les spéculations de la presse italienne sur les montants qu’elle était prête à mettre sur la table. On la dit favorite, mais un intérêt similaire avait déjà échoué en 2011 pour des raisons politiques. La prudence est donc de mise malgré la beauté de l’éventuelle mariée. Quoi qu’il en soit, Amundi aura encore beaucoup de chemin à parcourir si elle veut rattraper un jour son gérant modèle, l’américainBlackRock. Le géant mondial a annoncé le franchissement des 5.000 milliards de dollars d’encours gérés.Les résultats financiers sur le troisième trimestre ont toutefois eu tendance à fléchir. Il faut dire que BlackRock collecte surtout des produits passifs, les ETF, beaucoup moins bien margés que les fonds gérés de manière active.Et à lire les chiffres des flux mondiaux, on ne peut que constater que BlackRock est en définitive le réceptacle d’une tendance mondiale.Le secteur des hedge funds par exemple, a subi 28 milliards de dollars de rachats au niveau mondial au troisième trimestre. C’est plus du triple des rachats du trimestre précédent, qui étaient de 8,2 milliards de dollars et le pire trimestre depuis 2009.En septembre, ce sontles fonds de placement collectifs qui ont subi une décollecte de 7,3 milliards de dollars, selon les chiffres publiés par Thomson Reuters Lipper, même si depuis le début de l’année, la tendance reste positive avec 307 milliards de dollars de souscriptions.Par contre, comme l’attestent les chiffres de BlackRock, les ETF ont battu de nouveaux records en septembre.Après un 32e mois consécutif de collecte nette, les encours mondiaux des ETF et ETP ont atteint un niveau jamais vu à 3.408 milliards de dollars à la fin du troisième trimestre rapportait ETFGI.L’engouement est tel quela Securities and Exchange Commission va réaliser une analyse en profondeur du secteur.L’idée est de savoir si les flux massifs dont les fonds indiciels cotés font l’objet ne pourraient pas exacerber la volatilité des marchés financierssous-jacents.Quant à l’agence d'évaluationfinancière Fitch Ratings, elle a alerté de son côté la communauté financière sur les risques de liquidité associés aux fonds d’obligations européennes. Selon elle, ils ont atteint un niveau de risque jamais vu.Un avertissement qui fait écho à un autre bien français :celui de la Banque de France sur les rendements de l’assurance-vie.Son gouverneur, François Villeroy de Galhau, a de nouveau appelé les assureurs à plus de retenue. De peur que ces derniers ne mangent trop leur chapeau pour des raisons purement commerciales.