Alors que les investisseurs s’interrogeaient au début du mois de juillet sur les intentions de la Banque centrale européenne vis-à-vis de son « quantitative easing », les fonds d’actions européennes ont décollecté pour la première fois depuis quinze semaines. L’étude hebdomadaire de Bank of America Merrill Lynch a fait état de plus de 500 millions de dollars de rachats sur ces derniers durant la semaine au 5 juillet. En Europe, les grandes manœuvres se poursuivent autour du Brexit. Les commentaires prudents des dirigeants de HSBC et JP Morgan à l’occasion du Forum de Paris Europlace qui se tenait les 11 et 12 juillet dans la capitale tricolore ont douché les espoirs de quelques Français. Ils ont en effet réaffirmé attendre des preuves tangibles et surtout durables, des changements d’attitude des gouvernants français envers le monde de la Finance. Ne reste plus à espérer, pour certains observateurs, que le nouveau président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui pourrait bien être le numéro deux de la Banque de France en la personne de Robert Ophèle, soit aussi « probusiness » que son prédécesseur Gérard Rameix. En attendant sa prise de fonctions en août, l’AMF a noué un partenariat avec son homologue de Hong Kong visant à une reconnaissance mutuelle des fonds d’investissements entre la France et l’ancienne colonie britannique. De quoi donner un coup de pouce à la distribution des fonds français au sein du troisième centre financier mondial. Le britannique M&G s’est réjoui, quant à lui, d’un retour d’excellents chiffres de collecte en France après des mois difficiles. Des éclairages ont aussi été apportés sur les projets de transferts d’actifs de fonds anglais de M&G vers le Luxembourg suite au Brexit. Si cette solution, sous diverses conditions, était effectivement adoptée parmi d’autres, elle pourrait concerner jusqu’à 35 fonds et 30 milliards d’euros.Quant au français H2O AM, il a pris l’option de la diversification au Royaume-Uni avec le rachat de 51% du britannique Artic Blue Capital, une société de gestion systématique spécialisée dans les matières premières. Enfin, dans le reste de l’Europe, on notera un probable retour des opérations de fusions-acquisitions entre sociétés de gestion en Italie. Suite à des articles de presse, Anima a confirmé envisager une fusion avec Aletti Gestielle, qui fait partie du groupe Banco BPM. La fusion entre Amundi et Pioneer met les nerfs des différents acteurs à vif. L’urgence semble là. Selon une étude du Boston Consulting Group, les revenus et bénéfices des sociétés de gestion dans le monde ont reculé l’an dernier pour la première fois depuis 2008. De quoi mettre la pression.