Les candidats à la reprise d’Alès Groupe se déchirent
Un revirement de dernière minute fait monter la tension dans le dossier de reprise d’Alès Groupe, à moins de 48 heures du jugement du tribunal de commerce de Paris sur le redressement judiciaire du groupe de cosmétiques.
Alors qu’un accord sur un plan de continuation avait été trouvé entre les actionnaires et les créanciers, bancaires et obligataires, avec le soutien financier du duo Nexstone/Naxicap, la famille Alès, qui contrôle toujours la société, a fait marche arrière, préférant rallier l’offre échafaudée par Impala, ont indiqué à L’Agefi plusieurs sources proches.
Conséquence : le plan de continuation n’a pas pu être présenté aux juges du tribunal de commerce au grand dam des créanciers et de Co-Capital, le fonds qui avait injecté 20 millions d’euros l’an dernier pour entrer au capital d’Avila, la holding de tête de la famille Alès, et qui risque de perdre sa mise.
«Pourquoi la famille Alès s’est-elle rangée derrière l’offre en plan de cession présentée par Impala alors qu’un plan de continuation, qui permet de conserver la société de tête, est plus favorable pour toutes les parties et habituellement préféré par les tribunaux de commerce ?», s’étonne une source proche. «Le tribunal de commerce a été sensibilisé par les organes de la procédure d’un éventuel accord entre la famille Alès et Impala afin de faire toute la transparence sur les modalités de cet accord», ajoute une autre source. L’AMF pourrait également être alertée, car le plan de continuation aurait été plus favorable aux actionnaires minoritaires d’Alès.
De son côté, Alès a indiqué mardi «qu’à ce jour, ni la direction de la société, ni son administrateur judiciaire n’a reçu un quelconque projet de plan de continuation».
Sans plan de continuation, les juges devront donc choisir entre les trois offres en plan de cession en leur possession. A ce jeu, Impala, qui a obtenu le soutien des instances représentatives du personnel, est le mieux placé. La société d’investissement de Jacques Veyrat, associée pour l’occasion aux dirigeants de l’activité coiffure d’Alès, propose un prix de cession pour l’ensemble des actifs de la société s’élevant à 13,5 millions d’euros et la reprise de 97 salariés.
Le consortium Nexstone/Naxicap propose un prix de cession de 12,45 millions d’euros et la reprise de 98 salariés sur les 102 actuellement employés. Enfin, Pyramides 7, une filiale du fonds Dzeta, propose un prix de cession de 15 millions d’euros et la reprise de 89 salariés.
Le jugement du tribunal de commerce de Paris est attendu le jeudi 24 septembre.
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