Face aux incertitudes et aux crises, tout le monde ne baisse pas les bras. Si une certaine impression de flottement peut parfois nous saisir à regarder ce qui se passe au sommet de l’Etat, il n’est que de tourner les yeux vers le terrain pour se rassurer. Ainsi, les collectivités locales avancent dans l’expérimentation prévue pour la certification de leurs comptes. Certes, ce grand chantier a été lancé avec la loi sur la Nouvelle organisation territoriale de la République de 2015. Il serait temps d’aboutir, bien sûr. N’empêche, nous sommes sur la bonne voie, la Cour des comptes (photo), qui supervise l’affaire, prépare un rapport qui sera remis cet automne au gouvernement sur le bilan à tirer des expérimentations menées dans 25 collectivités territoriales. Tout cela avant même la fin de l’expérimentation prévue en 2023 ! Ne restera plus, bientôt, qu’à suivre de près l’endettement auquel des comptes bien normés doivent ouvrir les portes plus facilement pour les heureux élus…
C’est la part des entreprises pensant que les délais de paiement risquent de devenir une variable d’ajustement et d’augmenter pour atténuer leurs problèmes de trésorerie, selon l’enquête menée par le cabinet Arc et l’Ifop. Alors que 70 % d’entre elles ne prévoient pas de croissance de leur activité d’ici à fin 2022, 38 % estiment qu’il leur faudra au moins trois ans pour effacer les stigmates de la crise sanitaire. L’allongement des délais de paiement des fournisseurs ressort en tête des mesures de compensation, devant le découvert bancaire. « Les principales victimes de ce phénomène seront les petites et moyennes entreprises, si précieuses à l’économie française », pointe Denis Le Bossé, président du cabinet Arc.
Tissu industriel. Dans un rapport diffusé ce 23 juin sur le développement des entreprises de taille intermédiaire (ETI), l’Institut Bien Commun dégage neuf propositions phares. Créé en 2020 par Antoine Boulay et Christian Saint-Etienne, le think tank soutient l’idée que pour tirer son épingle du jeu économique, la France doit développer le nombre et la taille de ses ETI. Depuis la création de cette catégorie d’entreprises en 2008, les ETI ont augmenté de seulement 15 % en nombre. Leur surreprésentation dans l’emploi et en particulier l’emploi industriel montre le rôle qu’elles peuvent jouer dans la réindustrialisation en vue. Pour les soutenir, l’Institut Bien Commun préconise plusieurs mesures de soutien les concernant : favoriser les transmissions de PME et ETI en améliorant le Pacte Dutreil, encourager le maintien à leur capital d’actionnaires de long terme, les aider à attirer et garder les talents dans leurs équipes, garantir leurs exportations. Leur financement en dette et quasi-fonds propres doit être encore facilité.
L’Observatoire du financement des entreprises publie ce jour son rapport 2022. Il met en exergue les transitions numérique et climatique des TPE et PME.
45 % de hausses de salaires, c’est ce qu’Apple s’est résolu à proposer pour retenir ses employés en bas de l’échelle des rémunérations et prêts à démissionner ou à créer des syndicats. Bien des employeurs sont également prêts à faire des efforts sur les rémunérations et sur le temps de travail dans un contexte de tensions croissantes sur l’embauche. Le Royaume-Uni vient même de lancer une expérimentation de la semaine de quatre jours payés cinq ! Pour les petites entreprises toutefois, ce mouvement va être difficile à suivre. « On peut trouver une certaine écoute chez nos clients pour répercuter des hausses de matières premières mais s’il s’agit de masse salariale, c’est toujours peine perdue, quel que soit le secteur », déclare François Asselin, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises. Autant dire que l’ambiance sociale va être surveillée de près par les banques et autres créanciers des entreprises, ouvrant un nouveau volet de l’analyse des risques, après ceux, inattendus aussi, de la situation sanitaire et des approvisionnements…
Quand tout va trop vite, il peut être bon de prendre le temps. Deux cents ans au moins en l’occurrence. Etre bicentenaire est en effet la condition première pour devenir membre de l’association les Hénokiens, du nom du patriarche biblique Hénoch. Elle est ouverte aux sociétés familiales toujours détenues en majorité par les descendants du fondateur et dirigée par l’un d’entre eux. Le groupe bancaire suisse Mirabaud, né en 1819, en franchit aujourd’hui la porte, rejoignant les banques Hottinguer (1786), Pictet (1805) ou Lombard Odier (1796) et une cinquantaine d’autres sociétés européennes et japonaises. Autant de groupes déployant bien entendu des stratégies de long terme : « Nos décisions nous engagent pour les générations suivantes ; cette responsabilité constitue la meilleure garantie pour assurer la pérennité de l’entreprise », plaide Nicolas Mirabaud, qui avec Camille Vial (photo) sont deux des quatre associés gérants de Mirabaud et représentants de la septième génération de la famille fondatrice.
C’est la croissance du marché de l’affacturage au premier trimestre 2022 par rapport à la même période l’année dernière, selon l’Association française des sociétés financières (ASF). Les factors ont financé
Assurance. Entre maintien du télétravail et cyberguerre liée au conflit en Ukraine, le fléau des attaques par rançongiciel est toujours plus présent. Une menace particulièrement forte pour les fragiles PME, selon l’enquête menée par la plateforme de conseil en logiciels métiers GetApp. Une PME française sur trois en aurait déjà été victime. Au-delà du montant de la rançon (dans 33 % des cas entre 10.001 et 20.000 euros, pour 5 % supérieure à 80.000 euros), c’est, pour 57 % des salariés IT interrogés, la perte de temps et de productivité qui a constitué le principal dommage financier pour l’entreprise. Un quart des sociétés victimes auraient par la suite souscrit à une cyber-assurance. Rien ne remplacera tout de même la formation et la sensibilisation. A ce titre, si 75 % des sociétés assurent avoir formé leurs employés, seules 35 % le font régulièrement… et 26 % confessent ne l’avoir jamais fait.
Tensions. La guerre en Ukraine et les mesures de confinement en Chine renforcent les pressions qui pèsent déjà sur la trésorerie des entreprises, estime Allianz Trade. L’assureur-crédit anticipe dès lors une croissance des défaillances à l’échelle mondiale de 10 % en 2022 et de 14 % en 2023, approchant ainsi leur niveau d’avant-crise sanitaire. En France, le nombre de défaillances devrait augmenter de 15% cette année et de 33 % l’an prochain. Allianz Trade identifie toutefois trois facteurs de résilience. Début 2022, le montant total des liquidités détenues par les entreprises cotées était 30 % supérieur au niveau observé en 2019. Par ailleurs, le nombre d’entreprises « fragiles », c’est-à-dire susceptibles de faire un défaut de paiement lors des quatre prochaines années, est resté limité en Europe, particulièrement en Italie (de 11 % en 2020 à 7 % en 2021) et en France (de 15 % à 12 %). Enfin, les entreprises semblent avoir été en mesure de répercuter les hausses de coûts sur leurs prix de vente.
Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, expose les actions engagées pour faire du dialogue interentreprises un appui face aux problèmes d’approvisionnement et un atout pour la reprise.
Alternatif. PayPal lance Financement Pro, une offre de financement pour les petites entreprises françaises qui vient en complément de sa plateforme de paiement et de commerce dédiée à cette clientèle. Réservée à ses clients, cette nouvelle offre permet d’obtenir un prêt en quelques minutes, car la décision d’octroi est fondée sur l’historique du compte marchand PayPal, et des remboursements adaptés à l’activité de l’entreprise : sans durée fixe, le remboursement est prélevé automatiquement sur les ventes selon un taux choisi par le marchand (entre 10 % et 30 % par vente). La tarification ne repose pas sur des intérêts mais sur des frais fixes présentés au marchand au moment de la souscription. Cette offre est également disponible aux Pays-Bas, aux Etats-Unis, en Australie, au Royaume-Uni et en Allemagne. Depuis son lancement en 2013 aux Etats-Unis, Paypal a octroyé 230.000 prêts pour 3,6 milliards de dollars. En Allemagne, où le financement a été lancé en novembre 2018, la première année d’activité a permis de financer 8.000 petites entreprises pour 250 millions d’euros.