La santé et la sécurité des employés sont les risques qui préoccupent le plus les dirigeants
Les évolutions heurtées du contexte des entreprises trouvent leur traduction dans les risques qu’encourent leurs dirigeants. Voici que la santé et la sécurité des employés passent en tête des préoccupations, selon l’enquête sur la responsabilité civile des dirigeants et mandataires sociaux (RCMS) réalisée par le courtier d’assurance WTW en collaboration avec le cabinet d’avocats Clyde & Co.
Les dirigeants d’entreprises interrogés pour l’étude se répartissent entre les grandes zones mondiales, 42% se trouvant en Europe, dans des groupes pour moitié cotés en Bourse et réalisant, pour moitié aussi, un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards de dollars.
La santé et la sécurité des employés se placent en tête des préoccupations de près de 9 dirigeants sur 10 an France (87%) et dans le monde (84%) en 2024. Ce résultat s’inscrit dans une certaine rupture après cinq années dominées par la priorité accordée aux risques cyber et de perte de données. « Il est clair que la pandémie de Covid 19 continue de peser sur l’environnement commercial des entreprises et d’impacter leur perception du risque, indique Guillaume Deschamps, directeur du département Finex en France chez WTW. Au-delà de la santé physique, c’est la santé mentale des employés qui est souvent citée comme enjeu majeur dans les entreprises, appelant de nouvelles politiques de prévention ». Ces risques de santé et de sécurité des employés occupaient la quatrième ou cinquième place depuis l’épidémie et les auteurs de l’étude voient aussi dans le changement de place le signe d’une maîtrise améliorée des risques cyber et de perte de données, qui paraissent moins aigus.
Le risque de conformité s’impose
En France, le risque de fraude et de corruption arrive en deuxième position, pour trois quarts des dirigeants et mandataires sociaux (76%), suivi du risque de cyber-attaque. En Europe et dans le monde, les risques cyber et de pertes de données (79%) s’inscrivent aux deuxième et troisième rangs du podium.
De nouveaux risques émergent, comme celui du défaut de contrôle interne et de manquement aux règles de conformité : il fait son apparition cette année dans l’enquête, occupant d’emblée la cinquième position. Autre préoccupation inédite, le non – respect des sanctions internationales rend compte de la montée des tensions géopolitiques et de la complexité accrue des systèmes de gouvernance des entreprises.
Primes en hausse
Traduction de la multiplication des risques, l’enquête fait apparaître, sur 2023, une augmentation des limites de garantie des polices d’assurance responsabilité civile des administrateurs et dirigeants, pour le quart des répondants en France et dans le monde, ainsi qu’une augmentation des primes de l’ordre de 40%, alors que les franchises ont augmenté de 10% en France et de près de 20% dans le monde. Pour l’année à venir, ces trois aspects des polices d’assurance devraient augmenter encore, de l’ordre d’un quart pour la limite de garantie et le montant de la prime et de 15% pour la franchise en France.
Les risques liés aux changements climatiques ne figurent pas dans le classement des sept premiers risques sur un total de 28, au niveau français et mondial mais restent d’actualité dans certaines régions, en Asie et au Moyen-Orient.
Plus d'articles du même thème
-
Malgré la conjoncture, Axa ne dévie pas de sa trajectoire
Conforme aux attentes malgré un contexte macroéconomique toujours très volatil, le premier trimestre 2026 conforte Axa dans sa stratégie de croissance. L'assureur, qui aborde la dernière année de son plan, voit ses revenus augmenter de 6% depuis le début de l'exercice. -
Martine Legendre (Allianz France) : « En non-coté, on n'achète pas un produit mais une équipe»
Martine Legendre a passé dix-neuf ans à la tête des investissements alternatifs d'Allianz France, construisant un portefeuille qui pèse aujourd'hui près de huit milliards d'euros. À l'heure de passer la main, elle revient sur une carrière marquée par l'émergence successive de classes d'actifs qui n'existaient pas encore à son arrivée, les erreurs qui instruisent, et les constantes qui résistent à tout. -
L’autorité de contrôle du bio aux Pays-Bas a sélectionné un prestataire pour ses pensions
L’organisme administratif indépendant vient de confier un mandat portant sur la pension de retraite d’entreprise de ses employés.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Pernod Ricard et Brown-Forman renoncent à leur mariage à haut risque
- Véronique Turinaz-Postel prend les rênes de Diot-Siaci Trade Finance
- TotalEnergies accélère ses rachats d'actions après un bond de son bénéfice net au premier trimestre
- Le paradoxe du directeur financier français
- Egis refinance à tout-va
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France