Solera revoit à son tour les conditions de financement de son LBO
Le durcissement des conditions de financement des LBO se confirme. Alors que plusieurs opérations ont conduit ces dernières à des flex sur le marché européen, Solera Holdings a dû annuler une partie de son émission obligataire high yield, qui sera notamment compensée par un placement privé en euros. Racheté mi-septembre par Vista Equity Partners, Goldman Sachs et Koch Industries pour 6,5 milliards de dollars, le groupe a également dû concéder des décotes plus élevées qu’espéré.
Prévu initialement à hauteur de 2,03 milliards de dollars, le financement high yield a dû être ramené à 1,28 milliard en raison de la fermeture du marché en euros, selon des sources relayées par Reuters et Bloomberg. Sur cette ligne, Solera a dû revoir la fourchette indicative de rendement à 11,47-11,67%, soit environ 70 points de base de plus. Augmentée de 300 millions de dollars, à 2,2 milliards, la tranche de leveraged loans a aussi abandonné le financement en euros et souffert d’une augmentation de sa décote à l’émission de 98 à 97.
Afin de boucler le financement, une émission de l’ordre de 410 millions d’euros devrait être finalisée par placement privé selon des sources proches du dossier. Les obligations afficheraient un coupon de 10% inférieur à celui de 10,5% de la tranche en dollars, pour une décote à l’émission similaire à celle de 94 à 95 de la tranche en dollars. Une partie pourrait être souscrite par la division Merchant Banking de Goldman Sachs, qui avait déjà participé au financement du LBO sur SolarWinds.
« Les acteurs européens ne se sont pas mobilisés pour plusieurs raisons», rapporte S&P Capital IQ LCD. « En termes de crédit, ils estiment que la société a déjà fortement réajusté son Ebitda, et une fois que cet ajustement s’estompera, le levier augmentera à des niveaux considérables de 8 à 10 fois, contre 6,8 fois pour le chiffre officiel. La société technologique est par ailleurs pauvre en actifs réels, tandis que la notation Caa1 de Moody’s est indésirable », détaille la société de recherche.
Fin novembre, le marché du LBO avait connu un premier « raté » d’ampleur avec l’échec du financement du LBO de Veritas. Parallèlement à une réduction du prix d’acquisition de 1 milliard de dollars, qui avait réduit le levier du LBO de 6,7 à 5,8 fois l’Ebitda de Veritas, le fonds de private equity Carlyle avait dû renégocier avec les banques prêteuses un assouplissement des conditions.
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