October va créer une structure de financement inédite
October veut garder un coup d’avance. La plate-forme française de crédit désintermédié espère enregistrer dans les prochaines semaines la première société de financement spécialisé (SFS), un nouveau format français d’investissement alternatif qui lui permettra de lever son quatrième véhicule de prêts, a appris L’Agefi auprès de sources concordantes. L’ex-Lendix souhaite lever entre 200 et 250 millions d’euros (avec un premier closing à 100 millions), contre 180 millions pour la précédente structure, un fonds commun de titrisation (FCT). October confirme cette information, sans donner plus de détails.
Les SFS ont été créées par une ordonnance d’octobre 2017 sur les organismes de financement spécialisé (OFS), déclinés sous forme de fonds et de société. «Les OFS ouvrent une nouvelle ère pour les fonds de dette en France et présentent des avantages indéniables en comparaison tant des FCT que des fonds alternatifs de type FPS (fonds professionnels spécialisés, ndlr) et SLP (société de libre partenariat, ndlr), explique Julien Rocherieux, associé chez Clifford Chance. Les SFS pourront potentiellement bénéficier des conventions fiscales conclues par la France, ce qui permet de minimiser les prélèvements à la source dans le pays de l’emprunteur. C’est un atout pour prêter partout en Europe. Ce statut permet aussi d’émettre des obligations.»
Pour autant, «October attend encore la parution d’un dernier décret ce mois-ci pour déposer les statuts de sa SFS», assure l’une des sources. Cette structure d’investissement va bénéficier du label Eltif, du nom d’un règlement européen de 2015 sur les fonds européens de long terme. «Eltif permet d’investir n’importe où en Europe et offre notamment des avantages aux assureurs pour leurs ratios réglementaires», explique la source.
Avec sa SFS, October vise les PME en France, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas et en Allemagne, où un premier prêt devrait être octroyé d’ici à la fin de l’année. Les entreprises pourront emprunter entre 30.000 et 5 millions d’euros. Depuis sa création en 2014, la fintech a prêté environ 360 millions d’euros, et devrait dépasser les 100 millions pour la seule année 2019. October pourrait être plus agressif dans sa production mais anticiperait une remonté du coût du risque des PME. Ces dernières semaines, les grandes banques françaises n’ont pas caché leur crainte d’une remontée du taux de défauts des crédits, après le point bas historique enregistré ces derniers trimestres.
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